L'angoisse (2/4) : Chez Heidegger
bonjour à tous bienvenue au nouveau
chemin de la
[Musique]
connaissance les nouveaux chemins de la
connaissance réalisés par Christine
Robert avec Martin de la fusse à la
technique sont préparé tous les jours
par jeune viev meric adelle vendret
avril Ventura mathil dunger Milie
Bousseau tous les jours donc de 10h à
11h désormais les nouveaux chemins de la
connaissance vous propose en tout cas
cette semaine de tituber sur le sol
meuble de l'angoisse l'angoisse ou la
cause perdue le sentiment de l'étrange
l'expérience vertigineuse du dépaysement
devant ce qui d'ordinaire nous est
familié à cet égard après Hitchcock
c'est Heidegger qui guide aujourd'hui
ces tribulations instables et c'est la
philosophe Françoise d'astour que nous
avons déjà eu le plaisir d'accueillir au
nouveau chemins notamment pour y parler
de merloponti Françoise Dastour donc
spécialiste sil en est de Heidegger qui
sera aujourd'hui notre guide de
[Musique]
lecture de même que les souffrances ne
font qu'empirer de même toute ma vie ne
faisait qu'empirer
pensait-il le seul point brillant était
là-bas en arrière au commencement de sa
vie ensuite tout devenait de plus en
plus noir et tout allait de plus en plus
vite en raison inverse du carré de la
distance qui me sépare de la mort pensa
Ivan et cette image d'une pierre filant
vers le bas à une vitesse croissante
l'atteignit en plein
cœur sa vie une succession de
souffrances croissante était en chute de
plus en plus rapide vers sa fin qui
était la plus horrible des
souffrances je suis en pleine chute
il tressaillait remuait cherchait à
résister mais il savait déjà que
résister était impossible et de nouveau
de ses yeux là de regarder mais
incapable de ne pas regarder ce qu'il
avait devant lui il fixait le dossier du
divan et
attendait attendait cette chute
affreuse le choc final et la
destruction résister est impossible se
disait-il
mais si je pouvais au moins comprendre
pourquoi même cela est
impossible C été explicable si l'on
avait pu dire que je n'avais pas vécu
comme il fallait mais s'il y a une chose
qu'on ne saurait prétendre c'est bien
celle là se disait-il à lui-même en se
remémorant le respect des lois la
correction et la biéance dans laquelle
il avait vécu si quelque chose est
impensable c'est bien cela se
répétait-il avec un pli ironique au
comme si quelqu'un avait pu voir ce
sourire et s'y laisser
tromper il n'y a pas
d'explication la
souffrance la
mort
[Musique]
pourquoi je ne rêve
plus je ne fume plus je n'ai même plus
d'histoire je suis seul sans toi je suis
l'aide sans toi je suis comme un
orphelin dans un
dortoir je n'ai plus
envie de vivre ma vie ma vie cesse quand
tu parles je n'ai plus de vie et même
mon lit se transforme en qu de
G tu t'en bas je suis
malade complètement
malade comme quand ma mère sortait le
soir et qu'elle me
laissaitve bonjour Françoise Dastour
bonjour c'est une joie de vous
accueillir de nouveau au nouveau chemin
de la connaissance alors avant d'Alida
le texte qu'on a end est un extrait non
pas de être étant de Heidegger dont on
va parler aujourd'hui mais de la mort
d'Ivan Ilic la nouvelle de Tolstoy et
c'est à double titre qu'on a choisi de
commencer cette émission par ce texte
d'abord parce que c'est un texte limpide
c'est un texte qui raconte l'expérience
troublante mais limpide et intime d'un
homme qui comprend qu'il va mourir et de
sorte qu'il est il est il est
intéressant de voir dans quelle mesure
on peut entrer dans un une pensée aussi
a si délicate aussi difficile que celle
de Heeger par un texte qui décrit
quelque chose qui peut-être familier à
tous et puis
euh se pose donc la question de savoir
comment dans quelle mesure l'expérience
de cet homme Ivan Ilic qui découvre
qu'il va mourir à qui il arrive cette
aventure tout à fait unique de mourir
puisque on meurt toujours seul et on est
seul à mourir donc cet homme cette
expérience dans quelle mesure cette
expérience est-elle propre à décrire ce
que Heidegger appelle l'angoisse même si
même si il faut d'ors et déjà poser que
l'angoisse chez heidger n'est pas
réductible à la crainte de la mort
Françoise Dastour oui il faudrait
d'abord dire que c'est le seul texte
littéraire que Heeger cite d'ailleurs
dans êre é temp lorsqu'il parle de
l'angoisse de la mort et l'angoisse est
est est liée pour ager à la mort
c'est-à-dire au sentiment de notre
finitude et la première chose peut-être
qu'il faudrait souligner c'est
l'importance que Heideger dans dans
l'analyse qu'il fait de l'existence
humaine donne au au sentiments hein
c'est les ce qu'il appelle les
dispositions les dispositions affectives
qui nous ouvr d'une certaine manière
plus plus fondamentalement à la à la
réalité de ce que nous sommes que la
raison ou l'entendement et Heidegger
donne à l'angoisse une tonalité
évidemment que qui peut paraître d'abord
extrêmement négative il donne à
l'angoisse
un une importance considérable puisqu'il
dit d'elle quelle est la disposition
fondamentale qui nous ouvre finalement à
ce que nous sommes et ce que nous sommes
et bien c'est un être jeté au monde et
jeté au monde pour y mourir et donc
l'angoisse est est malgré tout lié
évidemment à ce sentiment de notre
finitude et à la mort alors avant d'en
d'en venir là et donc pour bien
comprendre d'ailleurs que l'angoisse
quoique liée au sentiment de notre
finitude et de notre mort n'est pas non
plus comme je le disais tout à l'heure
he réductible à la seule crainte de
mourir c'est c'est autre chose re plus
intéressant plus vaste d'ailleurs cette
seule question mais avant d'en venir là
est-ce que il faut en venir au peut-être
au point de départ qui est que
l'angoisse à la différence de la crainte
et c'est une distinction sur laquelle
nous allons travailler toute cette
semaine sur laquelle d'ailleurs on
travaillait hier en parlant
d'itchcock l'angoisse à la différence de
la crainte n'a pas d'objet oui elle est
sans objet et c'est et c'est ça c'est le
point de départ c'est aussi précisément
l'expérience que fait Ivan il n'est-ce
pas parce que il est euh cette cette
chute ce vertige qui le saisit c'est une
chute
euh qui le qui l'entraîne loin du monde
familier dans lequel on peut peut-être
avoir des peurs bien bien déterminées
euh alors que l'angoisse et bien elle
est l'angoisse effectivement de rien de
déterminé et c'est un point sur lequel
Heideger
insiste énormément il va même jusqu'à
dire ce que les psychiatres
accepteraient d'ailleurs aussi parce
parce que il y a là évidemment un
rapport à l'angoisse au sens
psychiatrique du terme il va même
jusqu'à dire que nos
peurs finalement ce sont des manières
pour nous de nous masquer l'angoisse
parce que nous leur donnons un objet
c'est ce que j'allais vous dire estce
est-ce que la détermination qui engage
la peur n'est pas un paravant et oui
c'est c'est le phénomène des phobie on
le connaît bien n'est-ce pas avoir peur
de telle ou telle chose du vide ou de
tel ou tel animal par exemple et bien
c'est est une manière de donner un objet
à une angoisse beaucoup plus latente
beaucoup plus diffuse qui du même coup
devient localisable et supportable et
heidugger a bien vu cela je voudrais
juste dire que un mot sur le fait que il
utilise pour pour parler de l'angoiss un
mot en en allemand qui est extrêmement
intéressant dass unheim Lich euh qu'on a
traduité oui et et qu'on a aussi traduit
par l'inquiétante étrangeté et c'est un
thème sur sur lequel Freud avait
réfléchi quelques années auparavant en
1919 il y a un article très très
intéressant de Freud sur ce ce sentiment
de ne pas être chez soi de
perdre le la familiarité de perdre le
rapport habituel que nous avons au monde
le sentiment d'être dépaysé chez soi oui
tout à fait et que tout ce qui nous
semblait familier devient énigmatique un
un roman décrit cette expérience à
merveille peut-être c'est la nausé de
Sartre oui la nausée de Sartre n'est pas
n'est pas loin de cela
effectivementéie c'est c'est la nausée
est ressenti devant l'existence des
choses hein l'existant dans son dans sa
nullité et c'est effectivement assez
assez proche de ce que Heidegger
décrit sauf peut-être que Heidegger n'a
jamais voulu je dirais donner une
connotation uniquement négative à
l'angoisse et ça c'est très important de
le noter euh
er ne veut pas du tout il le dit
proposer une philosophie héroïque ni une
philosophie qui en quelque sorte serait
niiste
qui donnerait une importance il veut il
veut montrer que l'angoisse est une
disposition une épreuve à travers
laquelle nous devons passer si nous
voulons être un être singulier c'est ça
qui est très important parce que pour
Deger dans la dans dans si nous voulons
être un être singulier si nous
h oui que nous le devenons d'une
certaine manière parce que au départ
nous ne le sommes pas véritablement il y
a une belle analyse là de heidugger de
de ce qu'il appelle le ont n'est-ce pas
le fait que et bien dans le dans
l'existence quotidienne nous ne nous
distinguons pas des autres et et c'est
pourquoi euh euh nous ne prenons pas
conscience de l'unicité de la
singularité absolue de notre propre
existence et je crois que ça renvoie
tout à fait à l'expérience div
à qui
euh on on veut cacher finalement qu'il
va mourir euh parce que tout le monde
sait bien sûr que tous les hommes sont
mortels il le dit lui-même n'est-ce pas
mais est-ce que cette phrase s'applique
à moi et dans la dans la quotidienneté
nous ne voulons pas l'appliquer n'est-ce
pas un notre cas particulier c'est
pourquoi nous nous fuyons en quelque
sorte
l'angoisse en nous réfugiant dans une
existence un mode d'existence anonyme au
fond de son âme Ivan Ilic savait qu'il
était en train de mourir mais non
seulement il ne pouvait s'habituer à
cette idée mais il ne la comprenait pas
ne pouvait simplement pas du tout la
comprendre l'exemple de syllogisme qu'il
avait appris caus est un homme tous les
hommes sont mortels donc caus est mortel
lui avait paru juste dans sa vie passée
seulement par rapport à caus mais jamais
par rapport à lui ce caus était un homme
un homme en général et c'était
parfaitement juste mais lui n'était pas
Kaus et pas un homme en général il avait
toujours été un être tout à fait tout à
fait différent de tous les autres il
était Vania avec sa maman son papa avec
mitia et valodia avec ses jouets avec le
cocher la bonne et puis avec katienka
avec toutes les joies les chagrin les
fiertés de l'enfance de l'adolescence de
la jeunesse est-ce que caus connaissait
l'odeur de ce ballon de cuir à rayure
que Vania aimait tant est-ce que caillus
baisait ainsi la main de sa mère est-ce
pour caillus que la jupe plissée en soi
de sa mère froufroutait de cette façon
est-ce lui qui avait protesté à l'école
de droit à propos des petits pâtés
est-ce que cayus avait été amoureux
comme lui est-ce que caus savait
présider comme lui une
séance voilà Françoise Dastour est-ce
qu'on peut dire que l'expérience que
décrit Heidegger comme celle que décrit
Tolstoy c'est le passage de la
connaissance de la mort on sait tout ce
qu'on va mourir au sentiment de la mort
c'est-à-dire au moment où on finit par y
croire en gros nous savons que nous
allons mourir mais nous n'y croyons pas
oui oui oui d'ailleurs c'est un peu ce
que Freud disait aussi n'est-ce pas nous
ne croyons pas n croyons en notre propre
immortalité oui c'est c'est vraiment ici
la la déroute de de l'entendement de la
raison de la connaissance théorique
devant un sentiment qui nous qui nous
met face à ce que nous sommes
c'est-à-dire des êtres jetés comme le
dit heidger jeté dans
l'existence et dans une existence qui
est nécessairement évidemment finie
puisque elle s'inscrit dans les limite
de la naissance et de la mort et c'est
cette c'est cette ce sentiment qui nous
révèle véritablement que nous sommes
comme le dit à heedeger des êtres voués
en quelque sorte à vivre dans le monde
et à vivre de manière évidemment limitée
dans un lapse de temps limité dans le
monde et avant de de de de voir
évidemment ce que l'angoisse nous nous
révèle euh c'est-à-dire j'allais dire le
la face enchantée des choses en un sens
avant de passer de de l'inquiétude de
l'inquiétante étrangeté à
l'émerveillement possible devant cette
merveille des merveilles
l'exist finalement donc avant de
convertir l'inquiéte en
émerveillement est-ce que je voudrais
savoir si chezeger on nassiste pas à une
inversion de la cause et de l'effet au
sens où on l'entend traditionnellement
c'est-à-dire que en général par exemple
quand quand des des héritiers se disput
autour d'un héritage on dit c'est parce
qu'il se dispute l'héritage qu'il se
déteste mais non c'est parce qu'il se
déteste qu'il se dispute l'héritage de
la même façon on dit c'est parce que
j'ai le stress d'une émission que je
suis angoissé mais non c'est parce que
je suis angoissé que l'émission me
stresse et ainsi de suite en somme
est-ce que Heeger ne nous invite pas
à inverser la cause et l'effet et à à
situer en amont de tous les motifs que
nous donnons à nos
peurs une disposition fondamentale oui
oui c'est tout à fait le le geste qu'il
fait qui est un geste parfois difficile
à suivre et un peu paradoxal mais il
l'applique par exemple à l'angoisse au
sens psychiatrique je voudrais revenir à
ça où il explique que l'angoisse peut
être déclenché de manière physiologique
et c'est vrai que elle peut tous les
psychiatres savent que les crises
d'angoisse peuvent avoir finalement des
apparemment des des causes
physiologiques mais ou des motifs bénins
oui ou des motifs tout à fait bénins sur
a dit un jour Suran a dit les déboirs
administratifs sont l'unique motif
recevable de suicide une phrase beaucoup
plus profonde qu'on pense oui tout à
fait tout à fait parce
queer nous dit mais l'angoisse ne peut
surgir que par par qu'elle est là
l'attente déjà n'est-ce pas elle surgit
à l'occas ce sont des occasions et non
pas des causes voyez c'est ça qui est
très intéressant c'est c'est c'est
l'occasion voilà ça n'est pas l'angoisse
elle est là elle est l tente elle est
toujours là et et c'est pourquoi il
faudrait revenir à ce thème qui me
paraît vraiment important de du
caractère étranger à soi-même de de
l'homme c'est ce qui caractérise l'être
humain n'est-ce pas parce que et nous
nous rassurons dans la dans la dans la
vie quotidienne parce que nous avons
parce que c'est plus ou moins
programmable la vie quotidienne nous
avons des horaires nous avons des
habitudes nous nous rendons familier à
nous-même au quotidien la vie serait ce
long travail de se rendre familier à soi
c'est-à-dire se tromper sur soi oui
enfin se tromper oui bien sûr se
trompergar dans la familiarité oui
s'égarer dans la familiarité mais en
même temps là encore il faudrait pas
trop
je mettre en accusation la quotidieneté
parce que Heideger lui-même reconnaît
que la quotidieneté c'est la quasit
totalité de notre vie puisque nous la
qutidienité c'est le monde des habitudes
qui nous permet d'habiter hein ces deux
mots ont la même racine et nous avons
besoin d'habitat nous avons besoin
d'habitat nous avons besoin d'un
environnement dans lequel et bien nous
nous reconnaissons nous-mêmes simplement
cette cette cette manière d'être au
monde dans la quotidienneté elle est
aussi une manière de nous voiler à
nous-même que nous sommes finalement des
étrangers à nous-mêmes et des étrangers
aussi au monde et c'est ce motif de
l'étrangeté qui me paraît extrêmement
important de souligner parce qu'on a
toujours accusé Heger n'est-ce pas
d'être un penseur de l'enracinement de
la haat c'est-à-dire du lieu natal or en
réalité il nous dit quelque chose de
tout à fait bouleversant dans être éant
il nous dit que ce sentiment d'être de
ne pas être chez soi est le phénomène le
plus originaire c'est ça qui est au fond
de l'existence humaine l'homme a le
sentiment véritablement d'être un être
en quelque sorte
déplacéin et c'est ça l'existence
humaine en tout cas il a il a la
liberté à la faveur d'une expérience qui
serait donc finalement le le
détonnateur d'un baril dont don dont
l'homme serait porteur à la faveur d'une
expérience il a l'occasion de de de
regardé comme surgissant comme inattendu
comme insolite finalement ce qu'il avait
jusqu'ici l'habitude de voir tout à fait
et c'est par instant c'est important de
le dire n'est-ce pas ce sont ce sont des
instants simplement puisque nous sommes
quand même pris la plupart du temps dans
la quotidieneté et c'est pourquoi
Heideger est tout à fait conscient du
caractère paradoxal finalement de sa
thèse puisqu'il dit que à la fois que
l'angoisse est toujours là l'attente
c'est une disposition fondamentale et
qu'en même temps l'expérience de de
l'angoisse est rare elle est rare parce
que nous nous arquebouton arquebouton
contre elle finalement parce que nous
nous donnons encore une fois des
habitudes et aucun être ne peut vivre
sans habitude l'être humain comme comme
les animaux a besoin de ces habitudes a
besoin d'un habitat mais il n'est pas
contrairement à l'animal n'est-ce pas il
n'est pas il n'est pas véritablement
chez lui je dirais dans le monde
quotidien puisque il a le sentiment en
quelque sorte d'être
d'être acculé d'être contraint à
accepter finalement cette finitude qui
est la sienne sous la vie de tous les
jours pointe la vie de chaque instant on
va écouter Françoise Dastour un texte de
Heidegger justement non pas extrait
d'être étant mais extrait de de
qu'est-ce que la métaphysique dans
lequel il revient justement sur cette
oppression familière au sentiment de
l'angoisse et et ce qu'elle ce qu'elle
implique le fait que nous nous sentons
en même temps glisser dit-il au milieu
de l'existant écouez le
texte dans l'angoisse disons-nous
communément on se sent
oppressé mais qui est ce
on qu'est-ce qui oppresse ce
ont nous ne pouvons pas dire devant quoi
on se sent
oppressé toutes les choses et nousmême
nous nous habîons dans une sorte
d'indifférence cela pourtant non point
au sens d'une disparition pure et simple
mais dans leur recul comme tel les
choses se tourne vers
nous ce recul de l'existant dans son
ensemble qui nous obsède dans l'angoisse
est ce qui nous
appresse il ne reste rien comme
appui glissement de l'existant il ne
reste et il ne nous survient que ce
rien
l'angoisse révèle le
néant dans l'angoisse nous flottons en
suspens plus clairement dit l'angoisse
nous tient ainsi suspendu parce qu'elle
produit un glissement de l'existant dans
son
ensemble à cela tient que nous-même nous
les hommes que si nous nous sentons en
même temps glisser au milieu de
l'existant c'est pourquoi dans le fond
ce n'est ni toi ni moi que l'angoisse
oppresse mais on se sent
ainsi que l'angoisse dévoile le néant
c'est ce que l'homme confirme lui-même
lorsque l'angoisse a
cédé avec le clairvoyant regard que
porte le souvenir tout frais nous sommes
forcés de dire ce devant quoi et
pourquoi nous nous angoissions n'était
réellement
rien en effet le néant lui-même comme
tel était
[Musique]
[Musique]
là 26 27 28 29
303
35
[Musique]
38
[Musique]
42
48
51
54
Françoise d'astour la philosophe
françoise d'astour est l'invité des
nouveaux chemins de la connaissance ce
mardi matin pour parler de Heidegger et
pour cause puisque c'est d'angoisse que
nous parlons toute cette semaine or
Heidegger il a consacré des textes
majeurs que nous explorons ensemble ce
matin en particulier d'ailleurs le
paragraphe 40 de être etant intitulé et
là on reconnaît le style de Heeger tout
de suite l'angoisse en tant que mode
fondamental du sentiment de la situation
et en tant que révélation privilégiée de
l'être
[Musique]
[Musique]
là franoisour beaucoup de beaucoup de
questions après le texte qu'on vient
d'entendre extrait de qu'est-ce que la
métaphysique beaucoup de questions
d'abord nous nous habîons dans une sorte
d'indifférence estce queer digne tout
simplement par cette indifférence à
laquelle nous nous abandonnons la
routine la routine dans la mesure où à
la fois elle est le lieu où nous nous
endormons et en même temps les crain
d'un éveil et d'une conscienci un texte
de Camu dans le myth decisif où il dit
il arrive que les décors s'écroulent et
qu'à l'intérieur de la vie la plus
quotidienne on découvre comme une
révélation en somme là cette
quotidienneté elle-même et et le désir
d'en sortir oui oui oui c'est c'est le
moment
où le rapport aux choses
devient un rapport en quelque sorte
problématique parce que dans la
quotidienneté nous utilisons les choses
nous ne les voyons pas euh elles sont
pour nous des prolongements finalement
de de notre propre corps et lorsqu'elles
apparaissent dans dans quelqu dans leur
aspect insolite alors effectivement
elles sont elles deviennent la la
quotidienneté s'effondre et elle elles
s'abîme dans une sorte d'indifférence ce
qui ce qui est important là je crois
c'est que euh c'est c'est véritablement
le caractère utilitaire si vous voulez
des choses le fait que nous sachions
quand faire à quoi ça sert que nous
puissions leur assigner une place qui
disparaît et c'est c'est pourquoi le
l'angoisse et l'expérience d'un vertige
véritablement je pense que le les images
de la chute du
vertige sont des images qui donnent bien
euh qui qui nous nous amène bien en
quelque sorte au cœur de
l'angoisse l'effondrement aussi c'est
c'est une autre image n'est-ce pas
l'effondrement l'effondrement de
l'utilité oui l'effondrement de de ce
qui de ce qui appara qui donne un sens
immédiat ce qui apparaissait aller de
soi n'est-ce pas la perte des évidences
euh que connaî là encore j'aimerais
faire une une une référence à la
psychiatrie cette perte de de l'évidence
naturelle c'est celle que connaît le
schizophrène n'est-ce pas le
schizophrène c'est quelqu'un qui vit
dans un dans un affecte d'angoisse quasi
permanent ce qui est épouvantable en
quelque sorte parce que rien va de de
soi pour lui le monde devient
inhabitable pour
lui cette logique Françoise Dastour ça
veut dire que le schizophrène la
différence entre le schizophrène et
celui qui ne l'est pas c'est que le
schizophrène perçu comme un fou
d'ailleurs étiqueté comme fou par celui
qui ne l'est pas ce qui est tout à fait
commode en somme le schizophrène du
point de vue que vous décrivez là du
point de vue finalement compréhensif que
vous décrivez là le schizophrène a tout
simplement accès à quelque chose à quoi
j'allais dire l'homme sobre ou
prétendument sans lui n'a plus accès n'a
pas accès oui c'est on peut le dire là
encore il faut être prudent n'est-ce pas
il faudrait pas considérer qu'être
schizophrène c'est être philosophe ou
penseur non mais par exemple qu'être
être ivre serait être conscient d'une
folie dont l'homme sobre croit qu'il est
dépourvuououi oui c'est le le
schizophrène souvent d'ailleurs on est
moi je travaille avec des psychiatres et
et je sais que les schizophrènes ont une
très grande capacité de de de parler de
leur propre de de leur propre sentiment
d'être et qu'il le décrivent souvent
avec des mots qui sont
extraordinairement proches de de ce que
l'on pourrait appeler l'expérience
philosophique qui est qui est en
elle-même un expérience une expérience
de dépaysement hein c'est le mot
d'épaysement je l'aime beaucoup d'une
certaine manière la philosophie est
aussi une si je peux dire une sorte de
folie puisqu'il s'agit en quelque sorte
de de quitter les évidences naturelles
les préjugés qui guide finalement notre
notre vie quotidienne et il y a là
quelque chose effectivement de de
semblable la grande différence c'est que
schizophrène ne choisit pas n'est-ce pas
de il ne il ce vertige il ne choisit pas
en quel s j'allais vous dire que
l'angoisse ne nous laisse pas le choix
non plus mais nous pouvons la combattre
nous la combattons euh parce que nous
nous nous arqueboutons contre elle euh
le schizophrène n'a plus les armes voyez
pour et c'est pourquoi la quotidiennité
il a perdu le sens même de la
quotidienité est-ce que savons-nous
Françoise d'astour que nous combattons
l'angoisse ou bien découvrons-nous à
l'occasion de de l'émergence de
l'angoisse dans la
quotidienneté que nous n'avons fait
jusqu'ici que la
conjurer c'est une question intéressante
je crois que là encore lorsque heidger
dit que l'angoisse est là elle est
latente elle peut surgir à n'importe
quel moment cela implique tout de même
que nous ne sommes pas complètement
ignorant de ce fond de notre être et
Heideger dit aussi dans d'autres
passages que nous fuyons hein c'est ce
qu'il appelle c'est ce qu'il appelle
d'un mot d'un mot difficile la la la la
déchéance nous fuyons n'est-ce pas
l'angoisse nous nous aimons les
habitudes nous aimons les les évidence
nous aimons ce qui va de soi nous nous
complaisons finalement dans
une dans dans une sécurité hein c'est
c'est la recherche de la sécurité aussi
n'est-ce pas nous nous aim nous nous
nous rassurer euh parce que nous savons
qu'il y a quelque chose de profondément
troublant nous le savons de manière
évidemment inconsciente hein je nous le
savons sans le savoir que nous sommes en
quelque sorte des êtres profondément
profondément instables et quen somme
l'angoisse serait l'accession enfin
l'angoisse serait l'angoisse consciente
d'elle-même
oui le euh oui elle est elle est
effectivement euh euh la différence
entre l'angoisse et la quotidienneté
c'est que finalement l'angoisse c'est
une c'est une angoisse qui accède à la
conscience d'elle-même alors que la
quotidienneté serait une angoisse qui se
dissimule
oui c'est c'est c'est ce que Heideger
essae de nous euh de nous expliquer euh
euh cette cette c'est pourquoi
l'angoisse encore une fois elle elle
elle surgit de manière inopinée euh et
elle surgit dans l'instant hein euh
parce queelle est la révélation d'une
certaine manière de alors la révélation
de quoi c'est très important cela la
révélation que je ne peux plus parler de
moi-même ou
exister sur le mode du on sur le mode du
comme les autres mais que j'ai à prendre
en charge ma propre existence parce que
je suis un être singulier personne ne
peut euh mourir à ma place en
particulier n'est-ce pas personne ne
peut mourir à ma place ma naissance et
ma mort m'ont donné un lapse de temps
déterminé qui n'est finalement
partageable avec aucun autre et c'est
pourquoi alors l'angoisse est une
expérience aussi traumatisante parce que
je ne peux pas trouver d'aide auprès
d'autrui et ça c'est c'est je je ne peux
pas je je ne je n'ai plus non plus de
relation avec l'autre au moment de
l'angoisse l'absorption de l'être là
dans le ont et le monde de la
préoccupation manifeste comme un
mouvement de fuite de l'être là face à
lui-même en tant que savoir-être soit
authentique il semble cependant que ce
phénomène de fuite de l'être là face à
lui-même et à son authenticité ne soit
nullement propre à fournir un fondement
phénoménal pour l'étude qui va suivre
car justement cette fuite ne mène pas à
l'être là devant lui-même cette aversion
en effet est conformément à la tendance
spécifique de la déchéance détourne de
lêre là je me
lève et je te
bouscule tu ne te réveilles
pas comme
d'habitude sur toi
je remonte le
drap j'ai peur que tu es froid comme
d'habitude ma
main caresse tes
cheveux presque malgré moi comme
d'habitude mais
toi tu me tournes le
dos comme
d'habitude
alors je m'habille très
vite je sors de la
chambre comme
d'habitude tout
seul je bois mon
café je suis en
retard comme
d'habitude sans
bruit je quitte la
maison tout est gris
dehors comme
d'habitude j'ai
froid je relève mon
col comme
[Musique]
d'habitude voilà une matinée dans les
nouveaux chemins de la connaissance
entreer Michel Sardou il y a des matins
comme ça et Françoise Dastour qui est
avec nous pour nous expliquer ce que
Heideger signifie par l'angoisse plus
exactement pour nous le faire comprendre
car après tout puisque l'angoisse déjoue
les motifs de l'explication ce serait
maltraiter l'angoisse que de prétendre
l'expliquer c'est de l'intérieur qu'il
s'agit de saisir ce phénomène et c'est
la raison pour laquelle Françoise
Dastour je voudrais vous proposer
justement cette ambivalence du phénomène
de l'habitude pour essayer de voir si si
ça permet de comprendre tout simplement
ce que l'angoisse signifie l'habitude en
elle-même est un phénomène ambivalent
puisqu'on la décrit à la fois comme une
routine qui Endor la conscience hein
l'habitude le sentiment de l'habitude et
en même temps une habitude qui accède à
la conscience d'elle-même est une
habitude qui immédiatement se se remett
en cause qui immédiatement se se
critique on peut on peut traduire ça en
terme tout à fait simple en disant que
bien souvent les grandes questions
métaphysiques sont agitées par des
hommes qui sont débordés comme s'il
fallait avoir la tête dans le guidon et
être pris dans la quotidienneté pour
avoir la nostalgie d'un
horizon ener par exemple chopenhower
n'avait rien à faire de ses journées il
pouvait il avait il pouvait se se payer
le luxe de ne pas chercher un sens à la
vie ou de combattre ce qui voulit
trouver un sens à la vie en revanche
l'ambition de chercher un sens à la vie
l'ambition finalement de s'affranchir de
la quotidienneté le souci de
s'affranchir de la de la quotidienneté
vient souvent justement d'une existence
qui est constamment j'allais dire
tempérée et affadie par l'habitude
oui bien sûr puisque il y a l'habitude
est à la fois ce qui nous rassure ce qui
nous donne un cadre de vie ce qui nous
permet d'habiter encore une fois je
crois que c'est très important de mettre
le lien entre les deux mais c'est aussi
ce qui nous fait perdre le goût de
l'existence d'une certaine et en cela
elle est mensongère et oui et oui parce
que elle est en quelque sorte une sorte
de
elle est elle est guidée par un souci
sécuritaire
qui n'est finalement pas acceptable pour
l'être humain parce que l'être humain il
a aussi cette cette nécessité en lui de
de déployer son être d'aller plus loin
que l'horizon borné finalement de la
quotidieneté il veut toujours dépasser
il est heidogger exprime ça en disant
qu'il est il existe c'est qu'il veut
sortir de luiême et c'est cette de là
d'ailleurs cet orthographe qui fait
beaucoup rire évidemment ceux qui ne
lisent pas des guerr ou qui ou qui se
moquent du jargon philosophique
exister exister avec
oui oui il veut se transcender voilà le
autre mot utilisé par Heidegger c'est le
mot de transcendance il veut aller
justement jusqu'où et bien jusque il
veut dépasser les choses de la
cotidienneté et c'est pourquoi ce
dépassement dans Qu'est-ce que la
métaphysique est présenté comme un
dépassement vers le rien mais mais là
encore il faudrait pas penser que
heidger est un penseur niliste parce que
c'est le rien d'utilisable n'est-ce pas
c'est le rien c'est c'est c'est c'est le
moment où les choses comme le dit
heidger se tournent vers nous et nous
présente un aspect insolite parce
qu'elles ne sont plus utilisables par
nous et et donc elles ne sont plus rien
d'utilisable ce n'est pas le néant en
quelque
sorte comme l'opposé de l'être qui se
qui se présente à nous dans l'angoisse
mais c'est le fait justement que les
choses perdent finalement leur leur
aspect familiers et qu'elles ne sont
plus pour nous nous pouvons plus les
utiliser nous ne pouvons plus mettre la
main sur
Ellé rest dans voabulaire dansen de
dépasser la
quotidiené offre deux possibilités
peut-être une une impasse qui serait
dépasser la quotidieneté vers l'éternité
ou vers une transcendance et une une
autre voix qui est explorée par
Heidegger qui serait de dépasser la
quotidieneté au profit de la singularité
oui oui oui et là on ne peut pas ne pas
som il y a deux façons de surmonter les
apparences soit on accède à l'Éternel
soit on accède à l'objet seul
oui soit on on accède à ce que heidger
appelle le monde aussi ce qui est
l'origine finalement de tout de toutes
les choses de tous les objets pour nous
et là bien sûr il faudrait rappeler tout
de même que
heidogger lui-même dans être étant cite
les les sources disons théologiques hein
de euh de de l'analyse de l'angoisse
Saint-Augustin Luther et kirkegard dont
il dit qu'il est celui qui est allé le
plus loin n'est-ce pas dans la
description de l'angoisse mais la grande
différence alors on pourrait relever des
analogies troublantes même entre
l'analyse que fait k que Gard de
l'angoisse et puis celle que fait
Heideger de l'angoisse mais la grande
différence c'est Dieu c'est Dieu voilà
c'est que l'angoisse chez kirkegard et
bien c'estelle est toujours liée à au
péchés n'est-ce pas au fait que l'homme
a cette capacité à la liberté aussi
c'est très important l'angoisse est
toujours angoisse de ma liberté parce
que je peux dépasser n'est-ce pas mes
possibilités qui sont justement réduites
celles de ma quotidienneté je peux je
peux choisir je peux choisir de me
dresser contre Dieu voilà voilà ce que
ce que nous dit querque garde et donc
l'angoisse c'est précis elle est
toujours liée au péché n'est-ce pas elle
me révèle moi-même comme être capable de
défier Dieu alors que pour heidger
l'angoisse elle est elle me révèle
moi-même comme être capable de et bien
simplement de d'accepter ma finitude
parce que il n'y a pas ce que ce que
l'angoisse me révèle pour ager c'est
justement que il n'y a pas d'infini
n'est-ce pas que l'infini est une
illusion et c'est pourquoi je je je
l'angoisse me vooue au monde elle ne me
place pas devant Dieu ce qui est le cas
de kirkegarde mais elle me vooue au
monde c'est-à-dire qu'elle me vooue à
une existence évidemment qui est
essentiellement marqué par une
temporalité finie l'angoisse est dans la
position déplaisante d'un interlocuteur
qui trouve malin de vous dire ce que
vous savez déjà et qu'il vous est
désagréable d'entendre
oui oui bien sûr vous savez cet
interlocuteur mal élevé qui croit qui
croit très fin ou ce faux ami par
exemple qui croit utile de vous dire ce
que vous savez déjà et ce que
précisément vous n'avez pas envie
d'entendre non pas parce que vous
l'ignorez mais parce que vous le savez
déjà et qu'il vous est désagréable de
l'entendre oui oui oui il il est évident
que j'ai dit que c'était une épreuve
l'angoisse c'est une épreuve nécessaire
mais c'est une épreuve c'est-à-dire que
il y a là un bouleversement qui se
produit une sorte de perte des des
repères un effondrement vertige tous ces
mots nous les avons déjà cité et c'est
une expérience qui est évidemment une
expérience traumatisante on pourrait
même utiliser ce vocabulaire mais elle
elle ouvre vers quelque chose qui est
euh qui est alors Heidegger il insiste
beaucoup qui est le la vérité finalement
de de ce que nous sommes elle nous ouvre
à la vérité de notre condition et c'est
pourquoi elle peut être à la source de
sentiment positif ça j'aimerais beaucoup
le dire parce que c'est très important
que de penser que elle est elle est une
traversée qui peut nous ouvrir
effectivement à à à d'autres
dispositions et c'est pourquoi elle
n'est pas elle n'est pas leur ennemi en
quelque sorte de la même façon
d'ailleurs que la nausée sartrienne
s'inverse en sentiment joyeux de devenir
un héros de roman ou de découvrir ou
d'apprendre euh euh à être libre
l'inquiétude verse peut verser dans
l'émerveillement face au monde euh
l'unicité qui est la mienne la vôtre
celle de tout étant euh l'unicité euh
qui nous constitue nousm met en
situation de de de regarder chaque objet
comme étant irrémédiablement
incurablement singulierument mais cette
singularité incurable n'est pas
forcément nauséeuse oui elle est
elle bon il faudrait il faudrait
regarder du côté de Sartre n'est-ce pas
si elle a nausé d'une certaine manière
persiste pas un peu trop mais pour
Heideger en tout cas c'est vrai que ce
retournement se fait n'est-ce pas il y a
de l'effroid on peut passer à
l'émerveillement à ce que les Grecs
appelaient le le taumzin c'est-à-dire
l'émerveill devant ce qui est et ce
passage fa le point de départ de la
philosophie d' absolument absolument et
et donc retrouve très curieusement avec
en partant d'une tonalité qui est je
dirais extrêmement
négative ce ce rapport à à l'étonnement
ou à
l'émerveillement devant
devant devant les choses devant devant
devant le fait qu'il y ait quelque chose
plutôt que rien est-ce que de ce point
de vue Heideger ne livre pas la la
formule d'un émerveillement non soluble
dans la raison parce que bien souvent la
philosophie part de l'émerveillement de
l'étonnement qu'elle dissou ensuite dans
l'explication du phénomène qu'il a
d'abord émerveillé mais est-ce qu'il n'y
a pas chez Heidegger l'idée que en somme
tout est insolite quand bien même ce
serait banale est insolite n'est pas
seulement insolite ce qui tranche sur le
cours ordinaire des choses mais c'est le
cours ordinaire des choses lui-même qui
quand on le regarde d'une certaine
manière devient insolite en lui-même à
cet égard skideger ne délivre pas la la
formule d' un étonnement qui demeure
pardà toutes les explications et toutes
les résolutions qu'on peut lui proposer
par la science la découverte et les
explications scientifiques oui oui tout
à fait il y insistera d'ailleurs dans la
leçon qu'il donnera à cizy qu'est-ce que
la philosophie il dira de manière très
juste que l'étonnement le taumadin grec
est une disposition qui perdure ce n'est
pas simplement le début de la
philosophie mais c'est ce qui commande
toute la philosophie et c'est ce qui
peut commander une existence qui se
voudrait une existence alors je n'aime
pas beaucoup le terme authentique parce
qu'on a beaucoup Heidegger utilise une
thminolog c'est là qu'on retrouve le
heegger en raciné là quexistence
authentique exist l'existence
authentique d'abord le mot authentique
traduit un mot qui veut dire plutôt
propre hein ce que nous sommes au sens
propre ce que nous sommes au sens propre
et bien ce serait précisément une
existence qui verrait dans tout ce qui
arrive quelque chose d'unique n'est-ce
pas qui verrait dans tout ce qui se
passe et dans tout ce qui est quelque
chose euh qui qui n'a plus rien
justement de routinier qui n'a plus rien
de de banal il y a des des des des
publicitaires a des guerriens qui
ventent des des des saucisses par
exemple les saucisses qui sont
manifestement fabriqués en usine
n'est-ce pas selon les procédés de la
technique euh mais dont le slogan pour
les vendre c'est le sens de
l'authentique le sens de l'authentique
oui ce mot authentique a fait beaucoup
de mal je crois parce que le vocabulaire
de heidger lui-même il y a un autre mot
en allemand qui dit authentique he que
le mot que utilise
heideggerenlich ce qui il veut nous dire
c'est que et c'est toujours la même idée
n'est-ce pas l'idée qu'on trouve déjà
chez kirkegard d'ailleurs c'est que
l'angoisse finalement nous permet de
prendre en main notre propre existence
et que cette existence elle est unique
et en ce sens-là nous sommes dans
l'authenticité ou plus exactement nous
sommes nous-mêmes dans ce que nous avons
de plus propre hein nous ne nous berçons
pas d'illusion nous ne nous ne tombons
pas en quelque sorte dans le discours
anonyme de l'existence anonyme euh qui
nous conduit toujours à dire que on
meurt n'est-ce pas bien sûr tout le
monde meurt mais moi je ne fais pas
partie de ce quand quand je dis on meurt
naturellement c'est je je m'exclus de la
de la foule des gens qui Meur oui oui
oui mais en même temps même quand je
j'assiste à des obsèques pour dire il
est mort le pauvre je je m'exclu de fait
évidemment de ça en le présentant comme
malheureux ou c'est et en même temps je
ne je ne prends pas conscience du fait
que je suis moi un être précisément qui
est essentiellement mortel et ça c'est
c'est important cher degard n'est-ce pas
de de de souligner que la conscience de
sa propre mortalité est quelque chose de
de consubstantiel je dirais à à
l'existence humaine mais alors la
conscience de sa propre mortalité n'est
pas réductible à la crainte de mourir
sinon finalement l'angoisse aurait un
objet la conscience de sa propre
mortalité va plus loin va au-delà de la
seule peur insolu de mourir he d' la
mort c'est quelque chose d'impensable il
faut le direin c'est quelque chose là
encore d'indéterminé n'est-ce pas elle
est la la seule la seule conscience que
je puisse avoir de la mort de
manière authentique c'est-à-dire en
propre c'est qu'elle elle peut arriver à
tout moment je précise pour l'auditeur
que vous faites le geste des gu mais
quand vous employez leoui tout à fait
tout à fait elle peut elle peut arriver
à tout moment c'est-à-dire qu'elle est
elle est imminente et c'est cette
présence d'une d'une imminence de la
mort que nous cherchons à fuir quand
nous disons que tout le monde meurt que
on meurt mais que ça ne me touche pas
moi n'est-ce pas et ça c'est c'est
quelque chose bien le sylogisme
d'ivanilic tous les hommes sont mortel
mais moi je ne suis pas tous les hommes
voilà voilà oui oui moi je suis euh
autre chose n'est-ce pas je ne tombe pas
sous la règle
générale si on fait l'archéologie de
cette angoisse qu'est-ce qui le
distingue par exemple de Pascal quand il
décrit l'homme comme un Nant à l'égard
de l'infini un tout à l'égard du néant
un milieu entre rien et tout infiniment
éloigné de comprendre les extrêmes la
fin des choses et leurs principes euh
incapable de voir le néant d'où il est
tiré l'infini où il est englouti en
somme est-ce que l'origine de ce
queegger décrit comme l'angoisse ça
n'est pas tout simplement ce qu'on
appelle l'angoisse existentielle même si
Heideger se méfiait de ce mot Françoise
Dastour oui elle est elle est une
expérience existentielle aussi n'est-ce
pas puisque je la ressens dans des
moments particuliers euh oui j'ai cité
kirque garde comme comme source et enfin
source je n'aime pas beaucoup ce mot-là
parce qu'on ne peut pas réduire la
penser d'un philosophe à à celle d'un
autre le non mais repérer des échos il a
des échos voilà il y a des échos très
forts avec kirkegarde d'une part et
l'autre écho très fort c'est évidemment
Pascal n'est-ce pas c'est la c'est aussi
le le thème du divertissement qui est
alors tout à fait en consonance avec ce
que heidger nous dit n'est-ce pas de de
cette fuite devant soi-même parce que le
propos de Pascal quand il parle du
divertissement c'est bien de dire que ce
dont témoigne l'homme qui se divertit
c'est d'une volonté d'oublier ce que que
donc il sait tout à fait ce qu'il sait
ce qu'il sait sans donc le
divertissement est une affaire sérieuse
on plaisante pas avec le
divertissement oui ou oui il est
tellement nécessaire que c'est pas du
tout effectivement une
question anecdotique hein c'est la le
divertissement est ce qui permet d'une
certaine manière de demeurer en vie et
Heideger est tout à fait je
crois la la description qu'il fait de la
quotidienneté et la pensée que l'on a
qu'il a de la quotidienneté est tout à
fait en écho avec cela n'est-ce pas
c'est euh lorsqu'il lorsqu'il
caractérise la quotidieneté par le
bavardage par exemple une manière de
parler sans véritablement aller
jusqu'aux choses mêm et bien c'est
quelque chose dans la dans laquelle nous
sommes tous plongés nécessairement hein
il faut pas imaginer que nous pouvons
sortir définitivement du bavardage nous
nous devons en quelque sorte nous
faisons partie aussi nécessairement de
cette de cette quotidienne
le
divertissement c'est c'est aussi ce qui
nous permet de vivre comme une limite
que nous hésitons à franchir ensemble
oui oui oui tout à
[Musique]
fait le métro ferme à 1h du mat le métro
ouvre à 6h du mat Monoprix ouvre à 10h
Monoprix ferme à 20h les enfants partent
à 8h les enfants reviennent à 16h le
repas commence à 20h on débarrasse à
20h30 je suis
border
borderl il est
borderl nous sommes
B la dame du 3e sort à 10h la dame du 3e
revient à 11h les acédiic ouvrent à 9h
les acédiques ferment à 16h tu commences
un grand merci franiseastour d'être venu
nous parler de de Heideger Heeger je
rappelle que dans êre étant le
paragraphe sur l'angoisse c'est le
paragraphe
40 texte
extraordinaire et je renvoie alors je
renvoie à notre site Internet pour avoir
la bibliographie à peu près complète de
T vos ouvrages Françoise bastour en
particulier autour de Heidegger et de la
question de la mort le feu rouge à
minuit 2 le feu vert revient à minuit 2
le feu rouge à minuit 4 la dame du 3è S
demain on continue à parler d'angoisse
on parlera notamment de mot passant et
en particulier d'ailleurs d'une nouvelle
intitulée suicide au pluriel dans
laquelle on retrouve un argumentaire
très propre très proche pardon de ce que
Tolstoy déploie dans dans la mort
d'ivanich vous verrez c'est
[Musique]
demain voilà et sous la musique de
Philippe Catherine sur France Culture il
est 10h50 et c'est comme tous les jours
avec joie et sans angoisse l'heure de
retrouver le journal des nouveaux
chemins bonjour adelle bonjour
[Musique]
raphaë alors au nouveau chemin on ne
fait rien dans l'ordre après Heidegger
Descartes descart exactement à
l'occasion de lappution du premier
volume des œuvres complèes de Descartes
qui vont paraître chez galimar dans la
collection tel sous la direction de
Jean-Marie biad et de Denis Kambouchner
et avec la participation de Frédéric de
buison qui est avec nous aujourd'hui
bonjour bonjour donc cette cette cette
cette édition des œuvres complètes de
descart est un énorme projet éditoriel
qui est puisque la la publication de
l'intégralité de l'œeuvre de décart
tient en 7 volumes dont le premier
volume sort 7ette semaines et alors il
est étonnant de constater que le premier
volume à paraître n'est pas le premier
volume dans l'ordre des SEP volumes qui
vont paraître c'est le numéro 3 pourquoi
avoir commencé par publier ce numéro 3
numéro c'est le numéro 3 parce que il
contient les les œuvres que decart a
publié en premier c'est-à-dire le
discours de la méthode la Dioptrique les
météores la géométrie et quelques
quelques textes complémentaires mais
enfin il suit l'ordre de publication par
des cartes de ces ouvrages euh comme
vous l'avez dit le l'ensemble contiendra
SEP volumes euh et nous nous donnerons
après les écrits de jeunesse euh les r
direction de l'esprit dans un premier
volume ensuite dans un deè volume il y
aura les le monde le traité de l'homme
et des traités donc les textes de des
années 733 puis ensuite les méditations
et cetera enfin bref l'ensemble
contiendra la totalité des textes euh
rédigés par des cartes à l'exception de
la correspondance qui fera l'objet de
d'une autres
publications la correspondance est très
importante comme vous le savez mais
cette cette édition sera une édition
intégrale de l'ensemble des c'est c'est
la la première fois qu'on refait une
telle une telle opération depuis une
centaine d'années l'édition qui qui sert
de référence l'édition d'Adan et tanery
a été commencé à peu près à l'époque des
maisons d'Hector Guimar vers
1893 et a été terminé au vers 1907 alors
al ça ne veut pas dire que ça soit
mauvais en soi mais 100 an ce sont 100
an de de recherches cartésienne se sont
se sont passés et il y a évidemment
beaucoup de choses à ajouter donc
revenons à ce volume là donc qui paraît
cette semaine il comprend le discours de
la méthode et d'autres essais qui sont
plus scientifiques alors il faut il faut
rappeler qu'en fait à l'origine ces
ouvrages ont été publiés ensemble et le
titre original était le discours de la
méthode pour bien conduire sa raison et
chercher la vérité dans les sciences
plus la dioptrie les la géométrie qui
sont des essais de cette méthode alors
ce titre montre bien que tous ces écrits
sont beaucoup plus solidaires entre eux
que ce qu'on pense les trois écrits sont
solidaires ell souvent on croit que le
descart a publié le discours de la
méthode et l' accompagné de quelques
illustrations en fait c'est à peu près
l'inverse qui s'est produit c'estd qu'il
a pour pour des raisons pour des raisons
politiques en fait c'est des raisons
liées notamment à la condamnation de
Galilé des cartes la condamnation Galilé
en 733 il il faut rappeler queour de la
méthode est publié en 37 c'est ça donc
pendant pendant 4 ans descart a cherché
une stratégie pour publier quelque chose
qui ne soit pas euh qui ne qui qui qui
ne ne prenne enfin ne s'attache pas trop
à la au problème du mouvement de la
terre et au motifs pour lesquels Galilée
a été a été condamné et son idée
initiale était d'abord de publier la
Dioptrique un ESS un essai d'optique en
l'accompagnant ensuite d'un d'une
physique de la terre les météores d'une
géométrie très très difficile et ensuite
il a il a précédé il a fait précéder cet
ensemble de de trois essais de du
Discours de la méthode mais bon est que
il est tout à tout à fait clair que le
le discours est tout à fait postérieur
même même dans son impression l'édition
originale 137 à 2 pagees 1 la première
page 1 c'est la c'est c'est celle de la
Dioptrique celle qui a été comenc qui a
été composée en premier et ensuite il y
a eu un ajout de il y a un ajout de du
Discours de la méthode en en six parties
donc c'est au fond le l'œuvre qui est
qui pour moi la plus la plus
intéressante dans cet ensemble c'est
c'est presque la Dioptrique plus la
Dioptrique qui est donc un traité
scientifique mais il faut il faut
montrer que voil exactement c'est pas
seulement un traité scientifique y a
c'est c'est aussi la présentation de
fondements philosophiques qui vont
servir ensuite à l'élaboration de toute
une philosophie c'est bon c'est deux
choses c'est d'une part un traité
scientifique et technique c'est c'est un
traité qui qui explique qui expose la
loi des sinus qui estme une découverte
tout à fait extraordinaire dans
l'optique et c'est aussi c'est aussi un
traité technique qui explique comment on
doit faire des lunettes pour améliorer
la vision et c'est en même temps un un
essai philosophique sur la théorie de de
de la perception il y a il y a des
textes absolument magnifiques où des
cartes comparent les images dans le
cerveau au taille douce faites par
les par les graveurs et et lorsque et
cette cet ensemble bon on a on a la
peut-être la première la première
théorie complète de de la de la
perception notamment de la la perception
visuelle dans ces aspects à la fois
corporels et intellectuel il y a tout un
un partage extraordinaire qui se fait
entre le ce qui relève de la ce qui
relève du mouvement des corps qui qui
n'est que corporel et ce qui relève de
de d'un calcul de la d'un calcul de
l'esprit d'une géométrie naturelle mais
alors comment quelqu'un qui qui écrit
justement une théorie de la vision qui
fait un traité de la perception peut-il
par ailleur affirmer dans d'autres
textes que les que les sens sont
trompeurs et que la vue est comp peuse
alors justement enfin c'est le on peut
peut-être poser la questions dans
l'autre sens c'est-à-dire que le la
Dioptrique est la meilleure antidote
contre la croyance permanente que pour
des cartes l'essens nous trompe je veux
dire lorsque n nos étudiants de première
année arrivent quelque fois en croyant
cela on leur montre des on peut leur
pose une question simple c'est pourquoi
quelqu'un qui pensait que l'essens nous
trompe passerit ses journées à
expérimenter à regarder à à faire des
protocoles d'expérience bon ça ça c'est
un peu troublant mais surtout il y a une
il y a une une théorie tout à fait tout
à fait complexe dans lequel euh dans le
dans dans laquelle il il il explique non
non seulement que les sens nous trompent
pas mais comment on peut améliorer
leur leur usage et comment on peut
régler cet
usage pour pour en faire quelque chose
de de réellement utile donc c'est c'est
je veux dire le c'est pour ça que la
dique donne un contrepoint essentiel à
aux lectures peative par par exemple de
la première méditation donc c'est un
traité qui qui n'est pas là pour pour
illustrer une thèse philosophique mais
au contraire c'est c'est une réflexion
scientifique qui va nourrir la recherche
philosophique par ailleurs est-ce que
c'est comme ça qu'il faut le comprendre
les deux sont liés je crois pas qu'il y
ait moyen chez descart de distinguer
science et philosophie euh du tout du
tout c'estou à l'époque on éétait pas
uniquement philosophe on était
scientifique et philosophe bah
c'estàdire qu'on appelit ce qu'on
appelait philosophie ça ça ça ça ça
contenait aussi bien la
métaphysique que des cartes d'ailleurs
identifie simplement la science de ce
qui est connu en premier pas simplement
n' pas proprement parler un objet propre
et c'est c'est aussi la physique ça
s'appelle de la philosophie voilà donc
je renvoie à la au premier volume des
œuvres complates de Descartes qui vont
paraître chez
galimar ce volume comprend le discours
de la mthode et autres essais
scientifiques et sinon dans les étales
sur les étales de nos libraires adelle
alors non pas dans les étales des
libraires mais à Marseille à lieu du 1er
au 7ctob une semaine de la pop
philosophie qui est organisé par les
rencontres place publiqu qui sont créé
par qui ont été créé par jacqu Serano
qui a pour vocation de réunir des
intellectuels français et étrangers de
formations et d'horizons différents
autour de questions politiques
sociologiques et en l'occurrence
esthétique car la semaine de la de la
pop philosophie réunie à Marseille des
intellectuels de la scène philosophique
française et des personnalités du monde
de l'art contemporain et donc le but est
de faire se rencontrer ces deux univers
autour de débats des conférences qui
présenteront ce qui est la culture pop à
travers la musique pop mais aussi les
films d'horreur la mode les séries dans
le champ de la pensée contemporaine à
titre d'exemple par exemple le vendredi
12 octobre il y a une conférence sur ce
que l'art fait à la philosophie ou le
dimanche 4 octobre le football comme
modèle philosophique ben voilà autant de
questions passionnantes qu'il faudra se
poser la pop philosophie la philosophie
qui fait pop donc c'est à Marseille
c'est quand vous m' dit c'est du 1er au
7 octobre et toutes les informations
sont sur le site des nouveau chemins de
la connaissance évidemment grand merci à
tous merci Françoise Dastour merci
Frédéric de buon merci à DEL V merci à
chrine Robert pour une réalisation
impeccable je rappelle en peu de mots
hein on a parlé aujourd'hui de Tolstoy
de la mort d'Ivan l de Pascal le
paragraphe le fragment intitulé
qu'est-ce que l'homme dans les pensées
de Camu notamment la description de la
routine dans le myth decisif et de
Heidegger évidemment aujourd'hui le
paragraphe 40 de re étant et qu'est-ce
que la métaphysique demain on continue
cette semaine sur l'angoisse dans les
nouveaux chemins de la connaissance en
compagnie si j'ose dire de mot passant
et également de Marianne Bury qui en
parle à merveille France Culture il est
10h59 dans un instant comme tous les
jours c'est le quotidien de France
Culture vous rendez-vous avec question
d'époque
More transcripts
Explore other videos transcribed with YouTLDR.

What is The Relationship Between an Individual And Society?
KeytonXII · Indonesian

قصص و عبر | قصة الخضر و سيدنا موسى عليه السلام | نبيل العوضي
دروس الشيخ نبيل العوضي · Arabic

Bairan – Animated Love Story | Banjaare (Official Video)
Banjaare · English

They Bought Monster Fish for the 2,000gal WAREHOUSE Tank?!
Finatic · English

Teori Arab Masuknya Islam Ke Nusantara | Video Pembelajaran
Dosen Sejarah · Indonesian

🎙️ مجالس شرح البردة 2️⃣1️⃣ المجلس الواحد والعشرين
د. محمد المهدي منصور Dr. Mohamed Mehdi Mansour · Arabic

These Pigs Are Leaving the Farm
This'll Do Farm · English

India's BIGGEST Exam Fraud | How NEET was Leaked! | Dhruv Rathee
Dhruv Rathee · Hindi

من اعجب قصص القران - قصة موسي و الخضر واين تقابلوا واغرب ما حدث - الشيخ بدر المشاري
قناة الشيخ كشك · Arabic

ما البصمة التي تركها والدك بداخلك
Coach Afaf · Arabic

AREA 51 Aircraft Encounters While Exploring Remote Entrances
Uncanny Expeditions · English

BIOLOGI Kelas 10 - Bakteri (PART 2) | GIA Academy
GIA Academy · Indonesian
Get the TLDR of any YouTube video
Transcribe, summarize, and repurpose videos in 125+ languages — free, no signup required.