L'affaire Caroline Dickinson
[Applaudissements]
[Musique]
Bonsoir, je suis heureux de vous
retrouver sur ce plateau pour cette
soirée spéciale des enquêtes impossibles
consacrées à des criminels dont la
perversité n'a que la violence, les
prédateurs, sexuel.
Voici tout de suite le sommaire de cette
soirée.
Nous sommes au début de l'été 1996 à
pleine fougère, un petit village situé
au nord-ouest de la France. Au milieu de
la nuit, la petite Caroline Dickinson
est violée puis assassinée par un reur
dans l'auberge de jeunesse où elle
séjournait.
C'est une jeune fille qui est tuée au
milieu de ses amis dans la même chambre.
On retrouve des traces d'ADN.
Quand j'arrive, j'ai un ADN parfait. Dès
qu'on a une personne, on peut pas se
tromper. Et problème qui Voilà, les
enquêteurs français vont devoir se
surpasser pour arriver à mettre un nom
derrière l'assassin de la jeune fille.
De nombreuses années auront été
nécessaires aux enquêteurs pour écarter
les fausses pistes, confondre les
assassins et faire enfin la lumière sur
une enquête qui semblait impossible.
Commençons sans attendre avec l'affaire
Caroline Dickinson.
Et voici tout de suite cette terrifiante
histoire.
L'effet se déroule à pleine fougère dans
le département de l'île et vilaine près
du Montsaint-Michel et Saint-Malot.
Cette région attire de nombreux
touristes qui viennent des quatre coins
de l'Angleterre pour profiter des
nombreuses activités qu'offrent les
abords de la Manche. En juillet 1996,
40 jeunes anglaises accompagnées de cinq
professeurs sont venus de Lonceston dans
les cornoilles pour séjourner dans
l'auberge de jeunesse située au centre
du village. Nous sommes à la veille du
retour et le lendemain, les jeunes
filles et leurs professeurs vont devoir
rentrer et comme le veut la tradition,
une petite fête est organisé au sein de
l'auberge.
Il y avait de la musique, elles ont
dansé, elles se sont maquillées. Enfin,
ce qu'on peut imaginer chez des jeunes
filles de de 13 ans et demi, 14 ans,
Caroline Dickinson avait demandé à ses
professeurs pour la dernière nuit de
changer son matelas de place et surtout
de dormir avec des camarades. C'est la
raison pour laquelle elle s'est
retrouvée dans la chambre numéro 4 pour
cette dernière nuit.
À la nuit tombée sur les coups de 23h,
un des enseignants encadrant le groupe
de jeunes filles leur demande de couper
les lumières. Il est temps de dormir car
demain, elles doivent se lever tôt pour
repartir en Angleterre. Caroline et ses
amis Anne, Melissa, Camilla, Jenny
s'endorment dans la chambre numéro 4
d'un sommeil profond. Le 18 juillet au
matin vers 8h, Anne est la première à se
réveiller. Ses camarades se lèvent à
leur tour, sauf Caroline qui reste
immobile.
Les premières jeunes filles qui se qui
se lèvent constatent que Caroline ne
bouge plus. Elle est toujours bien
évidemment dans sur son matelas mais
dans son sac de couchage.
Sa culotte a été enlevée, visiblement,
elle a été étouffée. Donc c'est
évidemment le choc, l'émotion. C'est pas
une mort naturelle, c'est une évidence.
Et la première question, c'est savoir
comment Caroline a pu être tuée sans que
personne ne se ne se rend compte de
rien.
Les gendarmes de la brigade
départementale de Pleine Fougère sont
immédiatement appelés et arrivent
quelques minutes après la découverte du
corps de Caroline Dickinson. Ils sont
accompagnés d'un médecin chargé de faire
les premières constatations.
Donc le médecin lui bien sûr va
constater l'agression et le viol de
Caroline et son décès.
On retrouve un bout de coton également
dans dans le lit. On retrouve des traces
d'ADN sur les cuisses de Caroline,
ce qui permettra d'avoir une empreinte
génétique complète en fait. Puis le
corps sera acheminé vers Ren où il sera
autopsié le lendemain.
Les constatations qui seront faites à
l'Institut médicaux légal de Rennes
confirment que la jeune fille a été
étouffée à l'aide d'un morceau de coton.
Quant au sperme retrouvé sur le corps de
la victime, il est immédiatement analysé
permettant de faire une empreinte ADN de
l'auteur des faits.
Nous sommes en 1996
et le fichier centralisé des empreintes
génétiques n'existe pas encore en
France. Les enquêteurs ont un ADN mais
il ne correspond à aucune personne
connue par les services de
renseignement.
Le jour de la macabre découverte, les
parents de Caroline Dickinson qui se
trouvent en Angleterre apprennent avec
horreur le décès de leur fille. La
nouvelle éclate immédiatement et toute
l'Angleterre est sous le choc.
Touché dans leur chair, les habitants de
Lancelston, la ville natale de Caroline,
lui rendent hommage sur le sol
britannique. Dès le lendemain du crime,
bouleversé par le drame qui s'ap sur
eux, monsieur et madame Dickinson se
rendent à l'auberge de jeunesse de
pleine fougère à l'endroit même où leur
fille a perdu la vie.
[Musique]
Le 19 juillet, les parents de Caroline
arrivent sur les lieux du drame. Ils
sont tout de suite mis en contact avec
le juge d'instruction, monsieur Gérard
Zog, en charge de l'affaire. Il découvre
avec stupeur les faits et sont
immédiatement mis au courant des
premiers éléments de l'enquête. Le père
et la mère de Caroline effondraient,
souhaitent que l'assassin de leur fille
soit retrouvé très rapidement. La presse
anglaise qui les accompagne va tout
faire pour que l'instruction aboutisse
au plus vite.
Le fait que la victime soit étrangère
complique évidemment l'enquête, en
particulier parce qu'elle est elle est
anglaise, parce que d'abord les médias
anglais se sont parés tout de suite de
cette affaire, les médias français
aussi. Donc ça a créé une grosse
pression sur l'enquête. Il y avait la
pression du père de Caroline Nickinson
plus la volonté de l'institution
judiciaire française de faire aboutir
cette affaire et de montrer qu'elle
pouvait le faire.
C'est sous cette formidable pression que
l'instruction de l'affaire Dickinson va
commencer.
Les gendarmes de Rennes interrogent les
camarades de Caroline et les différents
occupants de l'auberge de Pleine
fougère. Il faut savoir au plus vite si
quelqu'un a été vu durant la nuit dans
les couloirs de l'établissement.
Donc on procède tout de suite au aux
premières constatations. On recueille
les témoignages. Ces camarades n'ont
rien vu, rien entendu. Donc ils ont rien
de particulier. Il y a eu un premier
portrait robot de fait mais on se rendra
vite compte qu'en fait les jeunes filles
décrivent un individu qui était dans
l'auberge he qui a dormi, qui était un
motard, qui avait un bandana qui bon
voilà donc c'est aussi la complexité de
ces témoignages d'enfant. Les enquêteurs
s'intéressent alors à toutes les
personnes qui séjournent dans l'auberge.
Toutes sont entendues et les identités
sont relevées, mais rien d'alarmant ne
transparaît. D'autant plus qu'un élément
particulièrement gênant va retenir
l'attention des gendarmes. Il s'agit du
système de fonctionnement de l'auberge
de jeunesse.
Le soir, vous arriviez, le directeur du
centre ne logeait pas sur place. Donc si
vous arriviez après 19h 20h 21h, c'était
ouvert à cette époque-là, pas de digod,
pas de donc vous montiez en chambre et
c'était en fonction des places qui
restaient. Vous pouviez demander aux
gens dans la chambre s'ils acceptaient
que vous dormiez là. Si c'était oui,
vous pouviez très bien passer la nuit,
vous partez tôt le matin, vous pouviez
même ne pas vous enregistrer, ne pas
payer. Enfin voilà, c'était c'était un
peu le système de l'époque hein.
Une des enseignantes encadrant le groupe
de Caroline Dickinson raconte aux
gendarmes qu'en pleine nuit, elle a
ouvert sa fenêtre car il faisait trop
chaud. Elle a alors aperçu un homme de
dos quittant l'auberge et d'après son
témoignage, celui-ci est parti dans une
voiture de couleur claire sur le coup
des 3h du matin.
Les enquêteurs comprennent très vite que
celui qui recherche a probablement dû
s'introduire dans l'auberge au milieu de
la nuit par la petite porte qui reste
constamment ouverte à l'arrière de
l'établissement, qu'il est monté dans
les étages à la recherche de sa proie et
qu'il a décidé de s'en prendre à
Caroline avant de s'enfuir.
Caroline Dickinson avait sa vissie vide,
donc elle avait sûrement uriné récemment
et il est pas impossible qu'il les
surveiller, qu'il l'it repéré à cette
occasionlà et qu'il ait même vu rentrer
dans sa chambre. C'est pas Caroline en
tant que telle qui est qui est ciblée
mais c'est tout simplement parce qu'elle
se retrouve avec un matela au sol
qu'elle est plus facilement accessible.
il peut s'allonger sur elle, sûrement
euh l'étouffer. Euh cette position euh
alors qu'il est à quelques centimètres
des autres petites filles qui sont juste
à côté et qui dorment euh indique aussi
que c'est quelqu'un qui est habitué à ce
type d'agression euh parce que un homme
classique a besoin de de sécurité. Or
lui, on sent très bien qu' qu'il
outrepasse tout ça et ça prouve que
c'est un récidiviste dès que l'on prend
connaissance de la scène de crime en
quelque sorte. L'assassin
de Caroline connaît le fonctionnement de
l'auberge de jeunesse. Il sait comment
s'introduire par l'arrière du bâtiment
en pleine nuit, qu'il n'y a aucune
surveillance et que les portes des
chambres restent ouvertes. Pour les
enquêteurs, celui qui a commis cette
atrocité est probablement quelqu'un qui
connaît la région, qui a déjà fréquenté
l'auberge et qui est peut-être encore là
quelque part dans les environs.
Donc on procède d'abord à une enquête de
voisinage autour de l'auberge dans le
village de Pleine Fougère. C'est un
petit village he qui a 2500 habitants.
Donc qu'est-ce qu'on fait ? Bah les
hôtels, les gites, les bed on breakfast,
on regarde un petit peu les SDF
peut-être les gens qu'on les gens qui
ont séjourné dans la commune qui et puis
tout de suite on se dit mais peut-être
que c'est quelqu'un qui a approché ces
jeunes filles dans le cadre de leur
activité de la dernière journée ou des
journées précédentes.
À force d'audition, des témoins
racontent au gendarmes qu'ils ont vu un
homme circuler autour de l'auberge, un
SDF à l'allure bizarre. L'homme est très
vite retrouvé, identifié lors d'un
contrôle dans un villageoisin.
Certains affirment qu'ils l'ont vu dans
pleine fougère en train de s'acheter des
cigarettes et qu'il s'est probablement
approché des jeunes filles. Son profil
laisse penser qu'il pourrait être le
violeur et l'assassin de Caroline
Dickinson. Il est interpellé.
Il le contrôle. Ils vont le passer au
fichier, ils vont se rendre compte que
c'est un individu qui est connu pour des
faits similaires.
Il était dans le coin, il avait un
casier judiciaire relativement chargé.
Il savait pas très bien s'expliquer.
Évidemment, il avait le profil qui
allait bien.
Rapidement, il va être mis en garde à
vue. Voilà. Donc c'est quelqu'un qui
effectivement dans le cadre de la de sa
garde à vue en fin de garde à vue
avouera des faits que l'on pourra
rapprocher au à l'agression et au viol
de Caroline.
Moi j'ai été très marqué par ce qu'il
nous a raconté de sa garde à vue.
C'était un homme qui était qui essayait
de se reconstruire qui était
effectivement pas tout à fait SDF parce
qu'il avait un appartement mais qui
vivait un petit peu en marge de la
société qui avait un passé qui lui
pesait.
Il y a eu un moment où il a abandonné.
C'est bon là on n pas ça à faire.
Effectivement, on peut les diq peuvent
céder et vous vous avouez vous finissez
par avouer n'importe quoi. Au bout de 48
he vous avez pas dormi, vous avez pas
mangé et puis où on finalement on vous
maltraite parce que c'était un un
crimeux, c'était un crime terrible et on
l'a je pense traité à la hauteur de ce
crime et du stress qu'avaient les
enquêteurs eux-mêmes.
Le prélèvement sera fait, le prélèvement
sanguin bien évidemment et on attendra
ces 10 ou 11 jours pour avoir la
comparaison
avec l'ADN de question.
[Musique]
Sous la pression médiatique,
le juge Gérard Zog présente l'assassin
de Caroline et celui-ci est passé aux
aveux.
Pour autant, les aveux en question de
cet homme sont pour le moins flou et
incohérents.
Les gendarmes qui l'ont entendu sont
assez perplexes face à la précipitation
du juge. Malgré cela, le 23 juillet
1996,
le juge Zog annonce lors d'une
conférence de presse l'arrestation
officielle du violeur et assassin de
Caroline Dickinson.
Afin de dissiper les doutes, une prise
de sang et un test ADN ont été fait sur
le suspect. Ce n'est plus qu'une
question de temps.
Les parents de Caroline sont soulagés.
La presse et les télévisions GLED en
font leur gros titres.
12 jours plus tard, les tests génétiques
rendent leur verdict.
L'ADN
du suspect ne correspond pas à celui de
l'assassin de Caroline.
Donc c'est un peu le coup de tonner,
coup de théâtre.
Je pense le juge et les enquêteurs ont
été piégés par la pression probablement
des anglais de la police anglaise mais
aussi par la pression journalistique et
ont désigné de façon très claire
l'auteur des faits un peu rapidement et
ils ont été piégés par leur propre
communication.
Là c'est la science qui a parlé. sans
cet ADN
hein, il avait le profil, il était
proche des lieux, il avait déjà commis
ce genre de choses. Bon voilà,
avant les enquêtes ADN, peut-être qu'il
aurait serait passé aux assises,
peut-être qu'aux assises en auraient dit
"Ben voyez, il dit que c'est pas lui,
mais regardez, il a un passé d'agresseur
sexuel et cetera. Tout montre que c'est
lui. Il était là à la veille. Des gens
l'ont vu, l'ont reconnu et peut-être
aurait-il été condamné
Les parents de Caroline qui pensaient
que l'assassin de leur fille avait été
identifié sont encore plus désespérés.
Ils perdent toute confiance en la
justice française. Ils souhaitent que
l'on retrouve vite le coupable et ils se
rendent en France pour lancer des appels
au public via la presse et la
télévision.
Très rapidement le papa et la maman vont
prendre un avocat maître Hervé Rousau
Lebuf. Ils vont réclamer hein, avoir le
magistrat à plusieurs reprises. Ils vont
se trouver un peu délaissés, ils vont
dire qu'ils ne comprennent pas la
procédure française, que chez eux ça se
passe pas comme ça, qu'on les reçoit
beaucoup plus.
Finalement via les médias, ses parents
communiquent et communiquent sur l'échec
de la justice française. Donc je pense
que c'est plus cet échec là qui justifie
qu'à un moment donné, on passe au niveau
supérieur et on met des moyens
différents.
John Dickinson demande alors qu'une
procédure d'enquête exceptionnelle soit
diligentée par le juge d'instruction. Il
voudrait que l'on prélève l'ADN de tous
les hommes de pleine fougère. Le juge
Zog, en charge de l'affaire répond
défavorablement à sa demande, persuadé
que l'assassin est sans doute quelqu'un
qui était de passage et qu'une telle
opération ne servirait sans doute à
rien. Conformément au code de procédure
pénale, l'avocat de la famille Dickinson
va alors présenter sa requête devant la
cour d'appel. Le juge Zog est alors disi
de l'affaire et c'est le juge Renault
Vanimbeck qui rite du dossier.
Quand je récupère le dossier, il a fallu
que les mentalités évoluent et qu'on se
dise c'est pas un coupable parce qu'il a
avoué au bout de 48 heures de garde à
vue. C'est une approche consistant à
dire on a de l'ADN qui peut nous nous
permettre d'identifier à 100 % l'auteur
dès lors qu'on va le trouver. On passe
d'une enquête à l'ancienne un peu
instinctive à une enquête totalement
scientifique.
La dimension psychologique, elle est
fondamentale dans la conduite des
enquêtes comme celle-là. Parce que quand
vous n'avez pas l'auteur, on a son ADN.
C'est l'ADN de qui ? Il y a 65 millions
de personnes en France. Une fois que
vous avez dit ça, qu'est-ce que vous
faites ? Il va falloir étudier la
psychologie de l'auteur. Et comment vous
allez étudier la psychologie de
quelqu'un que vous connaissez pas ? Vous
allez faire l'enquête, vous allez
regarder qu'est-ce qu'il a fait, comment
et cetera. Vous allez essayer de tirer
le maximum des éléments de l'enquête que
vous avez. Et à partir de là, on va ce
qu'on appelle profiler, ça veut dire
cibler une catégorie de personnes.
Il reprend tout à zéro. Bah ce qui va
changer aussi beaucoup, c'est qu'il va
recevoir à plusieurs reprises la famille
Dickinson, le avocat.
Le juge Van Norinbeck décide alors de
répondre favorablement à la demande de
la famille Dickinson. En 1997, pour la
première fois en France, un prélèvement
de masse va être effectué sur la
population masculine de Plein Fougère.
il a voulu que l'on prépare rapidement
cette opération de prélèvement de masse.
Il nous a expliqué comment il concevait
les choses. Donc c'était à nous après de
le de le monter techniquement et
pratiquement à faire venir les
différents laboratoires interrégionaux
de police scientifique de la police
nationale.
Donc ce que va faire Vandrinbec, c'est
qu'il va d'abord faire faire des prévs
gdiques à toutes les personnes hommes
qui étaient présentes dans l'auberge de
jeunesse cette nuit-là puis ensuite à
tous les hommes du village de Pleine
Fougère. ça va permettre quand même à
d'éliminer euh un certain nombre de
suspects parce que cette démarche va
durer pendant quasiment 1 an. avait fait
lui-même un courrier pour informer les
les personnes concernées de la nature du
prélèvement et que cet ADN ne serait
bien évidemment pas conservé, détruit à
l'issu.
Le plus dur était la pédagogie,
c'est-à-dire dire à une population
complète,
on sait pas qui on cherche, mais on
cherche quand même un violeur et un
tueur. Beaucoup se sont laissés
naturellement convaincre en disant quand
même, on va y gagner du temps, mon
honneur va être lavé, vaut mieux être
sorti en disant voilà c'est pas moi.
L'espoir c'était qu'il puisse avoir
éventuellement l'auteur mais surtout
l'ADN c'est extrêmement intéressant
parce que ça permet de disculper et
d'éliminer beaucoup de gens de
l'enquête.
Ça va pas vraiment donner de résultat
finalement. Ça va permettre aux
enquêteurs d'entendre d'autres témoins
et d'avoir des témoignages
complémentaires. Ça va permettre de
s'intéresser à certaines personnes qui
vont rechigner pour pour les tests. Mais
en réalité euh si ça permet d'innocenter
quelques suspects, ça ne permet pas de
résoudre le dossier.
Alors que les prélèvements ADN
continuent, un incroyable rebondissement
va relancer l'enquête dans une nouvelle
direction. C'est une jeune anglaise
Kette âgée de 14 ans, qui se présente un
an après les faits aux enquêteurs
britanniques avec ses parents. Elle a
des révélations à faire au sujet de
l'affaire Dickinson.
[Musique]
Les enquêteurs qui sont là-bas en
Angleterre apprennent par un témoignage
de jeunes filles et de famille de jeunes
filles qui sont également en voyage
scolaire à Saint-Lunaire à 40 km de
Pleine Fougère dans une auberge jeunesse
également qui s'appelle le CIS les
horizons.
Qu'une agression similaire s'est passé
la même nuit. L'auteur est rentré dans
une chambre à essayer de bayonner de
maintenir une jeune fille. Il va lui
enlever son slip. qui sera retrouvée en
boule au milieu de la pièce. Elle-même,
elle a eu beaucoup de mal à reprendre sa
respiration parce qu'elle ne doit sa
survie simplement qu'à une de ses
camarades qui a allumé la lumière et qui
a fait mettre en fuite l'auteur. Elles
ne l'ont pas reconnu, elles ne le
connaissaient pas. il est parti tout à
fait discrètement, sans claquer les
portes, sans courir. Donc ce fait bah
n'est pas porté à la connaissance de la
justice française au moment où ils sont
dans leur voyage d'étude parce que ben
voilà pour plein de raisons hein, la
jeune fille finira sa nuit euh avec une
de ses professeurs qui va lui dire "Ben
écoute, hélas a subi ce début
d'agression mais elle a pas été violée.
Ils vont demander à ce qu'elle ne disent
rien d'ailleurs en rentrant ni sur place
ni en rentrant avec ses parents. Cette
jeune fiche par contre en rentrant en
Angleterre, elle apprend elle que
Caroline Nickon est décédée et que
c'était la même nuit. et pour elle, ça
lui semble être le même type
d'agression. Donc là par contre, elle
n'en reste pas là, elle prévient sa
maman et en lui disant "Mais moi, j'ai
subi la même chose." Et il y avait tout
lieu de penser qu'il y avait une grande
probabilité que ce soit le même, qu'il
soit partie de Saint-Lunaire où il avait
raté son coup pour pleine fougère.
Quand on projette d'agresser quelqu'un
et que l'agression échoue, on en ressent
une certaine frustration. euh il était
vraiment en recherche d'une victime. Ce
que ça nous prouve vraiment, c'est qu'il
était déterminé
et ça renforcé cette hypothèse
d'agresseur de jeune filles dans les
auberges de jeunesse,
récidiviste et habitué à la chose.
Grâce au témoignage stupéfiant de
l'adolescente anglaise, les deux
affaires sont reliées rapidement.
L'agresseur de K pourrait bien être
l'assassin de Caroline.
À l'époque, ses faits avaient été
rapporté à la gendarmerie, mais les
enseignants qui encadraient le groupe de
jeunes filles à Saint-Lunaire n'avaient
pas jugé utile de porter plainte.
L'affaire n'a pas été suivie et encore
moins rapproché de celle de Caroline.
Néanmoins, les gendarmes qui s'était
rendu sur les lieux avaient retrouvé du
coton laissé par l'auteur des faits. Et
après le témoignage de Quête, ce coton
est comparé à celui retrouvé dans la
chambre de Caroline.
Et il s'agit bien du même. En étudiant
l'agression de Saint-Lunaire, le juge
Van Rinbeck en conclut qu'il ne s'agit
pas là d'un cas isolé. Pour lui, les
deux dossiers fusionnent et il
s'intéresse de près à la piste d'un
individu récidiviste qui tourne autour
des auberges.
Là, on va faire rentrer un certain
nombre de critères. Critère auberge
jeunesse. Est-ce qui tournait autour des
auberges jeunesse ? critère antécédent.
Est-ce qu'il est connu pour Murs ? Bon
et à partir de là les j'avais 15
gendarmes qui ont travaillé sur des
listings, sur des fichiers pour essayer
d'en sortir un centre de nom. Je crois
qu'on a testé au total 3000 personnes.
Le déclenchement, c'est ce qui va nous
amener le résultat, c'est que tout de
suite lui il va nous dire "Je ne veux
pas que vous vous concentriez que vous
ne restiez que sur la Bretagne. Je veux
être au courant de tout ce qui s'est
passé en France sur les cinq dernières
années dans tous les centres qui ont
accueilli des jeunes mais pas uniquement
des étrangères." lui il s'est dit "Moi,
je veux copie de toutes les procédures
et de tous les faits recensés, même les
mains courantes, hein. Alors, les
colonies de vacances, les centre aéré,
les campings, l'exhibitionnisme,
le vol de petites culottes, le
fétichisme, les tentatives d'agression
sur toute la France.
Qu'on va reprendre un toutes les
archives de la justice, toutes les
personnes condamnées et cetera. C'est un
antonoir. Au fur et à mesure qu'on teste
les gens qu'on a repéré suvant dit en
fér critères, il en reste plus beaucoup
à l'arrivée. Voilà. Et alors si le filet
est bien tendu, normalement il est
dedans. Mais moi, mon angoisse, ça a
toujours été qu'il soit en dehors du
filet. C'est-à-dire que bon, on pouvait
pas tester 30 millions de personnes, on
l'a sélectionné. J'espère qu'on n pas
passé à côté.
Les méthodes novatrices du juge
Vaninbeck inspiré de Scottlandard vont
finir par payer. Parmi les 3000
individus recensés comme étant
potentiellement suspects, un homme va
retenir l'attention des enquêteurs
sur nos 3000 là qu'on avait.
Il en restait peut-être 100 150.
Mais
le seul
qui était vraiment intéressant, c'était
Arsémontes. Et c'est là qu'il se rendra
compte qu'il y aura deux faits qui sont
particulièrement
à rapprocher et dans la région de Tour
he sur une auberge de jeunesse où il y
avait encore des groupes d'anglaises
et par un individu qui s'introduit qui
va caresser le dos de certaines qui va
proposer d'aider à porter les bagages
qui va il va être mis en fuite la
première année par le directeur et par
les enseignants qui trouvent son
comportement curieux. Il dit ne pas
parler français, il a une voiture
immatriculée en Hollande et il se dit
espagnol. Donc ils vont le mettre en
fuite la première année, ils vont lui
dire de s'en aller et puis 1 an ou 2 ans
après, bien sûr, c'est pas le même
groupe d'anglaise, mais le directeur est
le même et cet individu revient. Et donc
là bah ils vont appeler le magistrat de
permanence qui va ordonner aux gendarmes
de lui faire une petite audition, de lui
prendre ses empreintes digitales pour
vérifier son identité, de le prendre en
photo. On a donc un une identité qui
sort. Donc Francisco, c'est son prénom,
Arsé Montes, c'est son nom. Il y a pas
de il y a pas de plainte, il y a pas de
fait particulier. si ce n'est cette
intrusion, si ce n'est ce comportement
n'est pas normal avec des jeunes filles,
on lui dit de continuer sa route.
Francisco Arsé Montes, voici un homme au
profil qui semble en tout point
correspondre à l'homme que tout le monde
recherche. Ses origines espagnoles et
l'immatriculation de son véhicule en
Hollande font penser que cet homme est
un voyageur et qu'il n'est probablement
plus sur le territoire français.
Le juge Vandrinbec va devoir alors se
fier au service de la police
internationale Interpol.
Lorsque nous avons identifié parmi
beaucoup d'autres Arc Montes, parce que
c'est pas un suspect numéro 1, c'est
quelqu'un qui a un profil qui peut nous
permettre de penser que réponse
d'Interpôle c'était du genre inconnu au
bataillon. Quand on connaît le profil de
l'individu et quand on a appris par la
suite qu'il avait été poursuivi pour
viol à la même époque en Espagne, il y a
quand même de quoi se poser des
questions sur l'efficacité d'Interpol.
Les Espagnols le recherchaient mais ils
ne l'ont pas dit. Également les
Allemands hein qui avaient des faits
aussi
assez graves contre lui mais qui n'ont
rien dit non plus parce qu'ils
attendaient qu'il reviennent en
Allemagne pour mettre à exécution un
mandat. Donc on le diffuse sur le plan
international en espérant qu'il se fasse
contrôler un jour.
C'est ce que j'appelle un un
international. C'était la pire des
hypothèses. Donc c'est une affaire très
difficile. Le filet est est étendu. Euh
après bah il faut trouver les personnes.
Ça c'est le travail des policiers, des
gendarmes, de les trouver, de les
prélever et ensuite de d'analyser. Cela
va faire maintenant 5 années que
l'assassin de la petite Caroline
Dickinson court toujours sans qu'aucune
police n'est réussi à l'appréhender. Le
juge Vandrinbeck est alors muté à Paris
et c'est le juge Deb également magistrat
à cour d'appel qui reprend l'enquête. À
ce moment-là de l'instruction, il hérite
d'une liste resserrée d'une soixantaine
de suspects activement recherché et à la
tête de cette liste figure un nom qui
retient particulièrement l'attention de
tous les enquêteurs. Francisco Arsé
Montes. Renault Vanimbe avant son départ
et Francis de Bon s'accorde afin que les
prélèvements ADN continuent. Ensemble,
il renforce la collaboration avec les
Britanniques.
Il nous a dit que fallait qu'on continue
notre travail de de fourmi et qu'on y
arriverait, qu'il avait confiance. Donc
il va partir et puis euh son remplaçant
qui était quelqu'un de très très bien
également, monsieur Francis Debon qui
lui va nous soutenir également, va nous
aider, il sera sur la même état d'esprit
hein, lui-même va recevoir plusieurs
demandes de la famille et de la police
anglaise qui a bien suivi ce dossier
depuis le départ et qui lui demande de
venir en Angleterre se présenter,
expliquer où en est l'enquête. Alors, il
a au tout début, il le dit lui-même
d'ailleurs, un peu de réticence parce
que bah, il vient juste de le prendre ce
dossier.
En avril 2001, le juge Francis de Bon
accepte l'invitation des anglais et se
rend en Grande-Bretagne pour exposer les
avancées de l'affaire. Une conférence de
presse est organisée sur place où de
nombreux journalistes sont présents. Le
juge de bon l'ignore, mais cet événement
auquel il va participer va donner lieu à
un formidable coup de théâtre.
Monsieur de Bon donc présente l'enquête
avec les hypothèses qui restent au fond
de la salle. une petite journaliste là
va faire un article dans le Sunday Times
et le juge de Bon accepte de donner une
interview au Sunday Times. Il va lâcher
quelques noms, en tout cas des profils
de suspect et donc dans cette interview,
il donne un nom en particulier qui est
celui d'un espagnol qui s'appelle
Francisco Arsantas notamment parce qu'on
sait pas où il est. Elle va faire son
article dans le Sun des Times et elle va
dire que les policiers français
continuent à travailler, que l'enquête
n'est pas entérinée et qu'il recherche
des individus dont Arcé Montes
Francisco.
Le Sunday Times paraît, il y a à ce
moment-là à Londres un officier service
d'immigration américain qui est en
vacances, Tommy Onko et qui euh en
vacances en Angleterre qui prend l'avion
pour rentrer chez lui aux États-Unis.
Dans l'avion, il prend le Times, il lit
l'article. En lisant l'article, il
s'arrête sur le nom d'arcellement de
test et il se dit "Ce nom me dit quelque
chose". Il rentre chez lui aux
États-Unis, il va à son bureau et il
consulte les fichiers des services
d'immigration américains et des services
de police américains. Et il va se rendre
compte que l'individu a été interpellé
suite à deux intrusions dans une auberge
jeunesse à Miami. Il y avait des
Irlandaises dans cette auberge et puis
des agressions similaires. Il va donc
prévenir la police anglaise pour leur
dire ben l'individu que vous recherchez
là dans votre article, il est chez nous,
il est en détention. Donc ensuite, les
choses vont aller très très vite. Donc
Tomonko
évidemment prévient ses prévient ses
supérieurs
qui appelle les autorités anglaises, qui
appelle les autorités françaises et puis
on enverra des enquêteurs sur place très
rapidement qui vont faire un prélèvement
qui sera ramené en France, qui sera
contrôlé et le résultat sera positif.
Cet incroyable coup de théâtre va mettre
fin à une traque qui aura duré 5 longues
années. Le travail de fourmis diligenté
par le juge Renault Van Norimbeck aura
permis d'identifier Francisco Arséont
et l'interview donné ensuite au Sunday
Times par le juge Francis Debra de le
localiser dans une prison de Miami.
Francisco l'homme le plus recherché par
les services de police internationaux a
été pris en flagrant délit d'agression
sexuel sur une collégienne irlandaise
dans un motel où la jeune fille se
trouvait avec toute sa classe. En
attente de son jugement, il doit purger
une peine aux États-Unis afin de le
remettre aux autorités françaises. La
justice américaine décide de le libérer
sous caution.
À sa sortie du tribunal, il est attendu
par le FBI qui lui présente un mandat
d'arrêt international établi contre lui
et il est alors extradé par avion vers
la France.
Une fois arrivé en France à l'été 2001,
il va être jugé en 2004, donc pendant 3
ans, il va quasiment rien dire au juge
d'instruction qui va le recevoir
plusieurs fois. Il est passé aux aveux
une fois chez le juge sans rentrer dans
les détails et surtout sans répondre à
la question essentielle qui est de
savoir s'il a volontairement tuer
Caroline.
Dans ses aveux, Francisco Arsemontes va
alors raconter cette soirée de l'été
1996
au juge Francis de Bon. Oui, il s'est
bien rendu à l'auberge de jeunesse de
Saint-Lunaire où il a tenté de violer la
jeune quête. Surpris par les camarades
de la jeune anglaise, il s'est enfui et
a roulé pendant 40 km pour arriver à
l'auberge de pleine fougère. Là, il
s'introduit dans l'établissement par la
petite porte qui reste toujours verte.
Après plusieurs tentatives à la
recherche d'une proie, il repère
Caroline qui s'est rendue aux toilettes.
La jeune fille rejoint la chambre numéro
4. Il la suit, l'étouffe avec un coton
pour la violer. Lorsqu'il part, il
affirme que Caroline est encore vivante
et que jamais il n'a envisagé de la
tuer.
C'est quelqu'un qui a un vrai problème
avec le sexe et qui a un vrai pervers
sexuel. Et donc tout l'enjeu du procès
pour harémenté, ça va être de démontrer
qu'il a pas voulu tuer volontairement
Caroline.
On sait que dans l'affaire d'ickinson,
il y a une tentative d'agression dans
une autre maison d'auberge. Il était
donc parti dans l'idée d'agresser. Et en
cela, il y a déjà une préméditation au
moins de l'agression sexuelle, de
l'agression de jeune fille. S'il était
armé ou s'il avait les moyens en tous
les cas d'endormir une victime et de
l'immobiliser, il était déjà dans une
forme de préméditation. Le procès de
Francisco Arsontes a lieu en juin 2004
devant la Cour de justice de Rennes, 8
ans après la mort de Caroline. Après 4
heures de délibéré, Francisco Arsé est
condamné par les jurés à 30 ans de
réclusion criminelle a sorti d'une peine
de 20 ans pour viol et meurtre sur
mineur de moins de 15 ans. Il écopera
exactement de la même peine lors de son
procès en appel. L'affaire Deinson
restera dans les annales judiciaires
comme étant un tournant dans la manière
de mener les enquêtes sur le territoire
français. Certains parlent d'une
révolution qui permettra de placer la
science au cœur des investigations.
L'affaire Dickinson a été un déclencheur
dans cette prise de conscience de
l'importance de l'ADN. On bascule petit
à petit d'un système de preuve par
l'aveu avec les gardes à vue, les aveux
vers un système scientifique.
8 ans d'enquête
et une coopération internationale auront
été nécessaires pour identifier,
extrader, juger et condamner Francisco
Arsées,
violeur et assassin de Caroline
Dickinson.
Et il est possible que sans la
détermination ni la vigilance de Tommy
Hko, un agent américain du service
d'immigration,
le prédateur serait parvenu à passer à
travers les mailles du filet. Cette
émission exceptionnelle des enquêtes
impossibles est maintenant terminée. Je
vous remercie de l'avoir suivi. J'aurais
le plaisir de vous retrouver
prochainement sur NT1 pour une nouvelle
soirée des enquêtes impossibles.
[Musique]
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