Les spectres de Derrida (4/5) : La déconstruction, le langage et la littérature
This broadcast explores Jacques Derrida's relationship with art, friendship, and the evolution of deconstruction—from a textual method of self-disclosing contradictions to an ethical framework centered on impossibility and unconditional hospitality. It contrasts his philosophical rigor with his deeply literary and poetic engagement with language and painting.
Understanding the transition between Derrida's early structural deconstruction and his later ethical phase offers vital insight into how post-structuralist thought tackles concrete human concepts like death, testimony, and translation.
Section summaries
Introduction and Host Greetings
skipStandard radio introduction, technical announcements, and schedule updates.
The Visual and Friendship: Derrida's Eyes and Art
watchExplores Valerio Adami's personal recollections of Derrida, his focus on eyes/tears, and his literary approach to philosophy.
Derrida Explaining Deconstruction
watchIncludes a crucial archival audio of Derrida himself giving four definitions of deconstruction and discussing the 'impossible'.
The Two Phases of Deconstruction
watchCharles Ramond details the transition of deconstruction from textual reading to ethical paradox, countering accusations of nihilism.
Transition and Song Segment
optionalFeatures a musical interlude by Louis Amade and a discussion on the word 'deconstruction' appearing in mid-century French pop culture.
Philosophy of Friendship, Silence, and Biography
watchAn in-depth debate on whether a philosopher's private and sexual life should be separated from their intellectual output.
Mid-program News and Book Reviews
optionalFeatures a guest interview with Catherine Chalier on spiritual conversion, followed by brief reviews of books about labor and sociology.
Key points
- The Evolution of Deconstruction — Deconstruction evolved from an early Socratic-style textual analysis—where a text is allowed to reveal its own internal contradictions—into a later ethical framework focusing on the impossible, such as unconditional hospitality, where an unexpected arrival disrupts the recipient's organized space.
- The Paradox of Possibility and Impossibility — Derrida argues that the conditions of possibility for a concept are simultaneously its conditions of impossibility. For example, a judge must technically suspend the mechanical application of the law to achieve true justice, and a witness's testimony only holds value because they possess the capacity to lie.
- Derrida as a Philosopher of the Ear — While Derrida is often associated with visual texts, his deep engagement with the French language, homophones, and double meanings (as seen in his book 'Glas') demonstrates that he is fundamentally a philosopher of the ear who teaches his readers how to listen to the sonic resonances of language.
“pour que quelque chose arrive... il faut que cette personne se calme ou cet événement arrive comme impossible comme ce qui n'était pas encore possible donc elle a des constructions n'est pas justement une doctrine” — Jacques Derrida
“les morts ne sont pas ceux qui nous parlent plus... le problème c'est pas que les morts ne parlent plus c'est que les morts ne répondent plus” — Charles Ramond
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bonjour Emmanuel bonjour à tous
bienvenue sur les nouveaux chemins
[Musique]
puisez tous les jours du lundi au
vendredi les nouveaux chemins sont
réalisés cette semaine par Laurence
Millet avec aujourd'hui jeu
Henri-Charles Dufour à la technique et
préparé par Geneviève Méric mathildeur
Julien tricard Géraldine
[Musique]
ède qui vous parlera de conversion tout
à l'heure et du désir qu'on peut en
avoir avec Catherine Chalier
[Musique]
suite et suite ce jeudi pour nous d'une
semaine devant des rides dans les
nouveaux chemins de la connaissance
après Benoît Peters pierre Bourette et
Jean-Luc Nancy c'est Charles Ramon et
Valerio Adami qui sont aujourd'hui nos
invités le professeur Charles rahmond
qui connaît les Rida sur le bout des
doigts et le peintre Valerio Adami qui
le connaît par cœur alors pour enchaîner
un peu sur ce qu'on disait tout à
l'heure voir et
voir et toucher en quelque sorte
voir et parler voir et toucher
au lieu de m'enfoncer dans une profonde
méditation sur le voir qui m'a beaucoup
occupé ailleurs je parle répéter ce que
je dis ailleurs sur l'oeil et la vue qui
j'écris des tonnes
ce qui m'importe quand aux yeux
c'est que c'est la partie du corps qui
ne vieillit pas
autrement dit quand je cherche quand on
cherche son enfant
à travers toutes les signes de
vieillissement du corps
il s'agisse de la ravissement des
muscles du blanchissement des cheveux
etc du poids de la taille quand on
cherche l'enfance on regarde les yeux
et
ce qui est saisissant c'est que un homme
de mon âge
garde les yeux de son enfance
et donc les yeux alors il y a toute une
littérature c'est égaliser les yeux
c'est là c'est la
c'est la manifestation de l'âme au
dehors que c'est à travers les yeux que
l'âme c'est qu'il est dedans se montre
dehors
et bien je traduirai ça comme ça en
disant que au fond le regard n'a pas
d'âge les yeux sont les mêmes toute la
vie
verida est un homme plutôt petit mais
d'allure énergie ses yeux sont d'un bleu
pâle subtil ses cheveux d'un blanc pur
avec ses lunettes il a l'aspect d'un
bureaucrade français de haut niveau pas
d'un dirigeant mais plutôt d'une sorte
d'administrateur colonial sans ses
lunettes il pourrait passer pour un
acteur vedette du cinéma français un
mixte de Jean Gabin et d'Alain Delon
bonjour Charles Raymond bonjour Valérie
Adami bienvenue à tous les deux ce jeudi
nous continuons cette semaine sur des
Rida et j'ai voulu commencer par le
portrait qu'en propose Michel Stevens
moment où la déconstruction s'exporte en
Amérique et un article dans lequel il
parle de la couleur de ses yeux et
j'aurais aimé savoir valérydami vous qui
l'avez si bien connu et qui avait été
son ami à tous égards
tout simplement vous aviez gardé le
souvenir de la couleur de ses yeux
une question piège maintenant qu'on vous
dit qu'ils sont bleus mais
non je pense qu'elle les yeux de Jacques
était peut-être des yeux
de la différence quand Louis utilise ses
morts c'est-à-dire de temps en temps
était désireux vivacités extrêmes et
d'autres moments étaient désignés
et quelques fois étaient difficiles
enfin la décomiquer avec lui c'est qu'il
a intéressé beaucoup c'était évidemment
les yeux quand vous avez dit tout au
début
qui n'est vieillissent jamais qui sont
le même d'un enfant c'est la seule chose
du cœur qui n'est vieillissent pas mais
c'est qui l'intéressait beaucoup était
peut-être le fait que les yeux peuvent
s'exprimer par des larmes les larmes qui
étaient quand même dans les larmes il y
avait les destin de liquide les larmes
sonnent des petits sphères
et les larmes et l'intéressait
profondément tout ce qui était ce
mécanismes émotionnel qui pouvaient
amener
bien j'ai toujours regardé évidemment
les yeux de chaque dans une manière
amicale le matin quand on prenait le
petit déjeuner qui était certainement
des yeux qui la présentait un peu lui
c'est le vétérino je me souviens encore
de m'inviter ensemble dans ma maison en
Italie et c'est le vers 6h
et
il commençait à écrire
avant il écrivait à la plume et après il
est arrivé à l'ordinateur
vous parlez des yeux
des yeux de la différence différence il
faut donc allons-y disons-le tout de
suite puis d'ailleurs on en a déjà parlé
cette semaine différence ici doit
s'écrire avec un a et par la même
désigner non pas seulement la
distinction entre deux éléments qui
diffèrent l'un de l'autre mais le fait
même de différer là la différence en sa
en sa mobilité à la façon par exemple
dont dans le télé-tête Socrate dit à tes
têtes toi-même à aucun moment tu n'es
semblable à toi même et pourtant et
pourtant Charles Ramon quand Derrida
parle des yeux il donne le sentiment ici
de décrire ou de saisir quelque chose à
ses yeux d'immuable quelque chose de qui
ne change pas et qui tout le long de la
vie demeure des yeux sont ceux qui
demeure ce qu'ils étaient dès le dès le
début est-ce qu'il n'y a pas une
contradiction entre cette pensée de la
différence c'est à dire également d'une
mobilité originaire ou d'une duplication
originaire de l'originelle même et en
même temps le fait que les yeux
demeurent ce qu'ils sont je vais
commencer moi même par un petit souvenir
quand j'ai invité berrida dans une
conférence à Bordeaux il y a quelques
années et je l'avais raccompagné chez
lui dans sa chambre d'hôtel et j'avais
été frappé par le côté mobiles et
inquiet de son regard très très vif très
rapide il était en fait très fatigué à
la fin d'une soirée où il avait été
soumis à une chaleur à une presse
considérable toujours assez foule qui
voulait toujours l'entendre donc c'est
j'ai gardé pas exactement la même
souvenir que Valérie damier c'est bien
normal du regard de Derrida et quant à
ce que vous dites
la grande thèse de Derrida à propos des
yeux c'est pour ça que ça m'a un petit
peu étonné tout à l'heure de l'entendre
dire que les yeux étaient le miroir de
l'âme ce qui aurait été une pensée qui
ne lui correspond pas mais en rien
là-dessus qu'il a écrit c'est plus beau
texte notamment dans mémoire d'aveugles
c'est que c'est précisément la question
de la fixité de l'oeil il a fait un
rapport entre l'autoportrait et l'oeil
de l'aveugle parce que l'autoportrait
c'est le peintre en train de se regarder
dans l'oeil et cet a une doit pas bouger
il doit plus précisément rester fixe et
des rides et tout un parallèle
magnifique dans ce texte entre l'oeil
d'un peintre en train de faire son
autoportrait donc cet œil fixe qui est
au milieu du tableau et puis l'oeil d'un
aveugle qui ne voit pas donc le
véritable oeil selon des Rida c'est
justement un oeil fixe et presque un œil
mort donc en effet ça m'a ça n'a pas
cette cette et ça ça serait plus en
accord je dirais avec son refuge général
de l’intériorité de la subjectivité et
qui correspond donc à une philosophie
assez différente de cette expression de
l'âme qu'il évoquait à propos de gueule
au fond et peut-être en cela reste-t-il
et des liens après tout et gueule est
essentibles à ces statuts à la statue
indique où les yeux étaient absents où
les yeux étaient les yeux étaient blancs
peut-être est-ce là ce qu'il entend par
cette fixité ou cet œil de mort le
peintre c'est vous Valerio Adami Jacques
Derrida vous voyez-il travailler
oui
oui dans quelles circonstances comme les
il faut préciser quand même les
circonstances dans lesquelles vous êtes
devenus amis à quelle occasion et et
cette fameuse maison dont vous avez
commencé à nous parler qui est la vôtre
j'ai rencontré Jacques en 1974
c'était une rencontre qui était
programmée par Jacques Dupin
qui était une amie de Jacques
et qu'il avait un projet il avait les
projets d'associer en peintre
en écrivaine
c'était Jacques
Dupin qui m'a associé
et on avait fixé un jour on avait fixé
le jour dans lequel on se serrer
rencontrer
et bien le soir avant le jour de notre
rendez-vous on s'est vu chez des amis
et
j'ai un texte sur cette rencontre
et là c'est vrai que lui parlait de mes
yeux et moi je vais parler aussi de ses
yeux
méditerranéenne
des yeux qui peuvent être totalement
dépendantes des autres parties du corps
souvent les yeux en affaires avec les
mêmes avec le geste avec une gestualité
non
Jacques les yeux étaient complètement
indépendants
séduit et permis d'approcher sa peinture
d'y entrer si on peut dire c'est
évidemment le fait que si dessinateurs
absolus qu'il soit et peintre malgré
tout il accueille dans l'espace de ce
qu'il signe de nombreux arts la
littérature notamment on y retrouve des
phrases des textes des personnages de la
littérature la famille des écrivains
Joyce ou Benyamine par exemple
il reviendra là dessus dans ce texte
plus r que l'on retrouve dans la dans la
vérité en peinture Valérie
surtout bien sûr le passé de Jacques
était les pensées dont philosophe mais
en même temps était les pensées nos
littéraires je pense qu'en fin de les
grandes valeurs poétiques et lyrique de
Jacques chez glar dans tous les textes
qui a écrit Jacques était plus
littéraire peut-être que philosophe
littéraire dans le sens dans lequel la
exprimée l'inconnu il peut exprimer la
vérité qui on ne pourra jamais définir
mais qui est l'expression de vérité et
c'est ce que Jacques à mon avis a
toujours fait n'est-ce pas à essayer de
travailler la langue comme ça que mon
peintre en dessinateur il travaille avec
les crayons il parle les par exemple de
tous ceux qui étaient gommés
effacé
l'effacement et les façage si vous
voulez
il disait aussi qu'il voulait publier
tous les mots qui étaient gommés ces
tracés des mots qu'on met était
absolument fondamental pour lui
[Musique]
moi-même travailler à la gomme
et le travail de la gomme un peu durer
je ne sais pas mais c'est tout notre
chose de laquelle je pourrais vous
parler avant je veux travailler Jacques
j'ai été assis à côté de lui dans le
dans le dans la véranda de maison
et là je ne peux que penser à c'est que
William Blake il essayait
pour lui
l'écriture est édictée par des esprits
et il écrivait des mots et ces mots il
commençait à voler dans la pièce
et ces mots qui volaient dans la pièce
n'est-ce pas un certain moment y trouver
ou non et les esprits ils pouvaient lire
et au moment de lequel il lisait l'ordre
était établi c'est étonnant ce que vous
dites parce que dans signe merlo-ponty
lui-même décrit son travail d'auteur
comme une façon de mettre des mots au
hasard jusqu'à ce que miraculeusement
les mots semblent s'organiser de même et
d'ailleurs Jacques derida et Maurice
merleau-pontin se sont croisés qu'une
seule fois comme quoi il n'est pas
nécessaire de se connaître pour
pratiquer peut-être la même méthode on
va revenir sur cette vérité qu'on
exprime ou qu'on indique qu'il faut ici
distinguer chez des ridales et
l'expression de de l'indication Charles
Ramond et je voudrais pour cela qu'on
entendent un extrait d'un texte dont je
vous disais hors micro qu'il me semblait
talmudique de Derrida un extrait de glas
c'est le texte de la de la colonne de
droite où l'on découvre ce que Derrida
entend par la pratique de la découpe
constituante ou de la déconstruction
dont on va reparler
au texte littéraires en l'occurrence de
Jean Genet et puis et puis dérida
lui-même justement revenir ensuite sur
cette pratique de la déconstruction
avant de vous entendre Charles Ramon en
commentateur expert de Derrida nous dire
ce qu'il convient dans penser ou dans un
pensée écoutez si même nous pouvions
reconstituer morceau par morceau
l'emblème ou la signature d'un nom
propre ce serait seulement pour dégager
comme d'une tombe un enterré vivant
cela même que je n'ai ni moins n'aurions
jamais réussi à signer à rattacher aux
lignes d'un paraphe et qui cause de ce
fait
le texte dénommé de Jeunet nous ne le
comprenons pas ici
il ne s'épuise pas dans la poche que je
coupe et relie
c'est lui qui la trouve la harponne
d'abord la regarde mais la voix aussi
lui échappait emporter sa flèche vers
des pages inconnus
ce texte-ci ou GLA
ne se résume pas plus à une lecture de
Jeunet qui n'en forme ni l'exemple ni
l'essence ni le cas ni la vérité qui ne
se laissera sembler ou fléchir avec
d'autres par mon paraphe
et tout ce qui en lui tiendrait à la
forme singulière de la signature de
l'une ou de l'autre garde une valeur
tout à fait anormale
il ne relève d'aucune règle n'en procure
aucune
l'opération doit être chaque fois
singulière et courir uniquement sa
chance si pour faire pour faire vite et
pour jouer un peu j'essaie de me
rappeler les définitions que sous la
pression d'une question en général
l'interview je me suis laissé aller à
donner de la déconstruction brièvement
il y en a si je compte bien au moins 4
si vous permettez je les rappelle
j'ai dit une fois la déconstruction
c'est l'Amérique dans le texte
et une autre fois dans le même livre
ayant abandonné cette première hypothèse
et dire des construction c'est plus
d'une langue parlez plus d'une langue
et puis une autre fois les constructions
c'est l'impossible
et enfin une quatrième fois
c'est ce qui arrive
et je crois que ces quatre
définitions qui sont à la fois
algébriques bref ironique mais sérieuse
aussi elles ne sont pas ils ne sont pas
comment dire disparaître incompatibles
elles sont elles forment une sorte de je
l'espère de cohérence
d'abord ce qui arrive comme l'impossible
il est évident que si ce qui arrive si
un événement ou bien qui arrive parce
que qui arrive l'arrivant le qui arrive
ce qui arrive ou bien l'arrivant si ce
qui arrive ou l'arrivant était possible
autrement dit si je les voyais venir si
j'étais en mon pouvoir de les recevoir
de les prévoir
si j'étais possible et bien il
n'arriverait pas c'est ça simplement
le remplissement d'un programme
d'inattente et donc l'événement serait
neutralisé par sa simple possibilité
autrement dit
pour que quelque chose arrive que
quelqu'un arrive au sens fort du terme
il faut que cette personne
se calme ou cet événement
arrive comme impossible comme ce qui
n'était pas encore possible donc elle a
des constructions n'est pas justement
une doctrine ou un savoir ou quelque
chose qui est à ma disposition comme un
instrument une méthode ou quelque chose
de calculable que j'ai à ma disposition
une technique que j'enseigne la
déconstruction a lieu chaque fois ou
quelque chose arrive et qui arrivait au
quelqu'un arrive il fait un hospitalité
inconditionnel par exemple de dons de
pardon ou
ce qui arrive comme impossible
désorganismes en quelque sorte le chant
du possible le champ de la réception des
organismes la réception
et comme un hôte inattendu et qui arrive
est un principe de désordre dans
l'espace qui le reçoit c'est à sa
condition qu'il y a de l'hospitalité
pure si celui qui arrive est invité et
ne dérange personne c'est pas
l'hospitalité donc seul l'impossible
arrive d'une certaine manière et cela
suppose plus d'une langue c'est à dire
que il faut là aussi que l'élément
d'appropriation
qui est constituée par la maîtrise de
langage d'une syntaxe d'une grammaire
d'un sens même d'une sémantique
stabilisée il faut que ça ça s'ouvre ça
se
laisse déranger par une autre langue par
la langue de l'autre par la langue de
l'autre donc il faut qu'il y ait plus
d'une langue et une expérience de
traduction impossible certaine manière
pour que quelque chose comme cette
déconstruction
advienne il vaut ici donner la parole à
l'autre pour savoir ce comment traduire
de telles paroles
partenaires étaient toutes une pensée
anti-événementielle puis dans une
deuxième partie de sa pensée des Rida
pour des raisons qui sont d'ailleurs
complexes à deviner sur lesquels on peut
s'interroger a fait une sorte de retour
ou du moins essayer de concilier cette
première pensée anti-événementiel avec
une pensée de l'événement c'est ce qu'il
appelle ici l'hospitalité absolue le don
l'impossibilité de s'inscrire dans un
marché ce fameux texte par dessus le
marché ou des échanges etc et donc on a
une deuxième version de la
déconstruction alors est-ce qu'il se
contredit en faisant cela ou est-ce
qu'il prolonge et approfondit ça sa
propre pensée est-ce qu'au fond la
déconstruction d'emblée le dérida
premier ne permettait pas de penser ce
qu'il n'a pas finalement découvert
quelque chose qui avait échappé à sa
première pensée non moi je pense qu'il y
a quand même une certaine dose de
contradiction ça serait peut-être pas le
mot mais il y a quand même une évolution
qui est importante et qui lui a posé
d'ailleurs problème dans la première
phase de la pensée d'erida c'est-à-dire
la pensée sa première pensée là la
gramatologie etc la déconstruction est
en réalité pas du tout ce qui vient
d'être dit là c'est une simple méthode
ironique très très proche de celle de
Socrate c'est à dire que on prend un
texte par exemple celui de Platon celui
de Rousseau et on le laisse parler d'une
certaine façon on le laisse se
développer jusqu'au moment où il
manifeste lui-même ses propres
contradictions ses propres difficultés
et donc à la fois on construit une
lecture on construit une écoute et cette
écoute qu'on a construite et qu'on a
fabriqué se révèle en fait dissonante
avec des failles et donc c'est une
écoute qui est à la fois patiente et qui
n'est pas critique qui laisse la chose
se détruire d'elle-même donc ça si vous
voulez c'est la déconstruction première
formule et la deuxième version de la
déconstruction celle qui vient d'être
évoquée ici c'est le paradoxe majeur de
la pensée de derida qu'il a très bien
expliqué
et qui est le suivant il a été très
frappé par une pensée un peu qui regarde
assez étonnant d'ailleurs pour quelqu'un
qui connaît bien Derrida c'est que au
fond
les conditions de possibilité sont
toujours en même temps des conditions
d'impossibilité et c'est ce qui vient de
dire quand un juge va appliquer la loi
il doit d'abord suspendre la loi parce
que si l'appliquer mécaniquement il
n'appliquerait pas la justice de même
dans un très beau texte Blanchot qui
s'appelle demeure Derrida explique qu'il
n'y a pas tant de différence que cela
entre la littérature et le témoignage
c'est-à-dire entre le témoignage et la
fiction parce qu'un témoin c'est
toujours quelqu'un qui ne peut être
témoin que dans la mesure où il pourrait
aussi mentir il a vu quelque chose qu'il
est seul à voir par conséquent son
témoignage ne vaut que dans la mesure où
il pourrait mentir autrement dit les
conditions de possibilité du témoignage
repose sur des conditions
d'impossibilité et cette paradoxe qui
est un paradoxe logique si on veut et
qui peut se développer dans beaucoup de
circonstances que j'ai moi-même
développé dans une analyse de la
méritocratie républicaine ou je montrais
dans un texte récemment paru que les
conditions de possibilité de la
reconnaissance des mérites étaient en
même temps les conditions
d'impossibilité de cette reconnaissance
c'est une dit que c'est pas une méthode
en fait si c'est une très bonne méthode
on peut montrer dans beaucoup de cas que
les conditions de possibilité de
certaines choses sont en même temps
leurs conditions d'impossibilité et là
la déconstruction est beaucoup plus
interventionniste que dans le première
phase de la déconstruction où elle était
simplement une sorte de constatation que
les choses n'allaient pas aussi bien
qu'on le croyait en somme il ne s'agit
pas simplement de désassembler les
parties d'un tout ou de montrer qu'en
détruisant on construit mais finalement
de penser chaque événement comme au fond
son propre organe obstacle pour
reprendre une expression de de Bergson
ou de gens kelevitch à sa suite pour le
dire très rapidement la mort et l'organe
obstacle de la vie si nous n'étions
mortels nous ne serions pas vivants si
nous avions les yeux sont l'organe
obstacle de la vue le fait de voir nous
interdit de voir ce qui se passe dans
notre dos au fond chaque moyen est
également le l'obstacle à ce qu'il
permet oui on pourrait on pourrait sans
doute le dire comme ça
pourtant il ne le dit pas comme ça donc
je
ne sais pas exactement si ça pourrait se
dire tout à fait de cette façon là
la seule chose tout en accordant tout ce
que vous dites je ferai une petite
nuance c'est que ça ne vaut pas pour
n'importe quelle chose c'est à dire que
tout n'est pas en même temps à la fois
conditions toute possibilité ne recèle
pas en elle-même la condition de son
impossible la déconstruction ne doit pas
s'appliquer mécaniquement à chaque chose
vous pouvez montrer que certains
concepts comme par exemple l'égalité des
chances sont contradictoires c'est à
dire qu'à la fois il y a une condition
de possibilité qui est exactement la
même qu'une condition d'impossibilité
vous pouvez pas le montrer pour toute
chose vous voyez donc tout organe n'est
pas un organe obstacle il faut comme dit
Derrida à chaque fois vérifier si il y a
des constructions possibles ou pas ce
n'est pas une entreprise ni l'histoire
est ce que je veux dire alors ça n'est
pas une entreprise ni liste et pourtant
c'est l'un des malentendus qui qui
demeure sur cette question de la de la
déconstruction
c'est à dire aussi au fond la tentation
dans laquelle on se trouve de considérer
que
des Rida en héritier d'un Heidegger peut
être hâtivement
aurait été le porte-parole finalement
d'une déconstruction ou d'une
destruction puisque finalement ce qui le
lui reproche index le terme de
déconstruction sur le terme a été
guériens de destruction des Rida aurait
tout simplement prolongé le projet déjà
en lui-même perçu comme mortifère de
Heidegger de détruire au fond d'achever
la métaphysique Charles Ramon or il n'en
est rien
achevé la métaphysique c'est ce qu'on
fait depuis plusieurs siècles
doit être morte depuis longtemps
maintenant d'un point de vénitien ça a
commencé avec l'émergence de la
métaphysique elle-même et bien sûr
non assimiler des rides ou une
déconstruction au sens de destruction ça
serait tout à fait impropre des Rida et
quelqu'un et là-dessus je je reviendrai
sur ce qu'a dit Valérie va demis tout à
l'heure qui bien entendu à une science
extraordinaire de la langue la langue
française mais pas seulement la langue
française il connaît le latin il connaît
l'allemand il connaît le grec il connaît
l'anglais admirablement donc il a il
manie les langues de façon si on peut
dire littéraire ça c'est vrai on peut
dire aussi qu'il a travaillé beaucoup
avec le Littré que beaucoup de ces
textes comme plus r votre texte qui vous
a consacré ou le gars qui est un effet
plus GL ce réflexion sur la BGL il
travaille avec le Littré c'est à dire
qu'il faisait des relevés de de mots qui
avaient comment dire des assonances
identiques alors en effet il travaille
sur la littérature on pourrait croire à
partir de là que c'est une sorte de
mélange ou de destruction de la
philosophie via la littérature mais ma
position personnelle et qu'il n'en est
absolument rien que Derrida est toujours
un auteur extrêmement éthique
c'est-à-dire il a des thèses il est très
démonstratif simplement ces
démonstrations donc en ce sens là si
vous voulez une déconstruit pas vraiment
on peut dire que les ouvrages de dirina
ont une grande positivité son rapport à
la littérature et son rapport aux arts
par exemple à la peinture est toujours
très positif si vous regardez par
exemple ce qu'il dit de Valerio ademi ou
ce qu'il dit de Van Gogh dans son fameux
texte la vérité pointure sur des
chaussures en peinture en peinture c'est
le titre c'est la vérité en peinture
mais le texte de titre sur Van Gogh et
Heidegger c'est la vérité en pointure il
s'agit de chaussures autant pour moi
c'est un petit jeu de mot amusant et
bien il a une interprétation de la
querelle entre Heidegger et chapiro au
sujet des tableaux de Van Gogh qui
montre qui renvoie deux ados sans doute
les deux grands commentateurs célèbres
mais qui ne laisse pas le lecteur dans
le vide il y a une interprétation des
tableaux de Van Gogh qui est absolument
magnifique je peux vous en dire quelques
mots si vous voulez mais enfin sur les
les souliers qui portent un monde en
eux-mêmes et donc il montre à quel point
il essaie de comprendre par exemple un
seul exemple très rapide pourquoi ces
tableaux ont suscité une telle querelle
s'il s'agit de tableaux de chaussures
délassées et derida s'est dit mais
pourquoi veut-on absolument lasser ses
chaussures pourquoi veut-on les
rattacher à un certain pied parce que
avec des guerres vous les rattacher à
des pieds de paysans et chapiro voulait
le rattacher à des pieds de citadins et
des Rida montrent qu'en réalité c'est la
question de la peinture elle-même qui
est posée là c'est à dire à qui
attribue-t-on à qui rattache-t-on une
peinture et donc en fait c'est souliers
de Van Gogh c'est souliers délassé
qu'est-ce que c'est des Rida est le seul
à avoir dit à ma connaissance que
c'était un tableau de la peinture
elle-même c'est à dire ce qu'on veut
rattacher ce qu'on veut attribuer ce
qu'on veut attribuer à un certain pas ou
un certain pied ou un certain homme ou
une certaine femme et en ce sens il a
une interprétation particulièrement
frappante positive de la peinture je me
demande à cet égard et on peut être
l'occasion de revenir là-dessus et
notamment avec Valerio Adami bien sûr je
me demande à cet égard si des Rida ne
prolonge pas l'entreprise tout
simplement du généalogiste qui au lieu
de se demander quelle est la réponse à
la question qu'on qu'on se pose se
demande d'abord d'où vient le besoin
qu'on a de se poser une telle question
on va vous avez dit que Derrida
maîtriser les langues illustration par
exemple voici des Rida qui parle en
anglais du problème des des biographies
qui figent justement l'image des
philosophes un peu à la façon des yeux
qui ne changent guère écoutez
samba
book
witch
after the death
life and works of
[Musique]
[Musique]
l'absence de la vie
vie l'ami qui tous les soirs
à cette table
et qui ne viendra plus
la mort est misérable
qui poignard dans le cœur
et qui te décroche tout
il avait dit sont les invités des
nouveaux chemins de la connaissance ce
jeudi dans une semaine sur des rides
amis déconstruits
de
la terre
vous ne pleurerait pas
vous lèverez vos verres
[Musique]
et vous voir et pour moi
à mon éternité
qu'elle est lourde à porter l'absence de
l'ami l'ami qui tous les jours venait à
cette table et qui ne viendra plus la
mort est misérable qui poignarde le cœur
et qui te déconstruit voilà une
occurrence hantée des rivières de la
déconstruction c'est Louis Hamad et
c'est une chanson qui a d'abord été
interprétée par Gilbert Bécaud il me
semble en 1960 l'ami est ici c'est
Valério Adami derida aurait probablement
beaucoup à dire sur l'ami Adami
peut-être la t-il fait d'ailleurs
peut-être nous le direz-vous Valerio
Adami deux choses on va revenir sur
cette peinture qui fige le risque de la
peinture qui fige savoir comment
finalement maintenir du mouvement ou de
la différence ou de la mobilité à
l'intérieur de la peinture mais avant
cela juste une chose quand il parle de
l'hospitalité comme un modèle de la
déconstruction il parle de cette haute
qui sait désorganiser la réception hors
haute est un mot ambivalent qui désigne
à la fois celui qui reçoit et celui qui
est reçu l'autre qui désorganise la
réception je me demande si ça n'est pas
vous qui demandez à des ridad poser pour
imiter le massacre des innocents il y a
une photo extraordinaire dans la
biographie de Benoît Peters ou derida
est véritablement plus en romain comme
ça torse nu magnifique
imitant donc le massacre des innocents
l'autre inattendu celui de l'hospitalité
pure c'est donc celui qui qui dérange
Valerio Dami comment entendez-vous cela
[Musique]
[Musique]
est aussi une constante définition du
pensée et même si vous voulez pour moi
donc c'est pictural et pour lui donc
passer philosophique mais évidemment
quand on se lève le matin nous prend le
petit-déjeuner ensemble on parle pas des
philosophies mais en même temps il y
avait constamment quelque chose qui
passait là n'est-ce pas et qui était de
l'ordre de la poésie surtout de l'ordre
de la philosophie de l'ordre de la
critique mais les tout-passer en veine
comme des choses
qui faisait partie du quotidien n'est-ce
pas au fond l'ami et celui à côté de qui
on a le droit de se taire ce qui
reconduit une définition de l'amitié par
exemple l'amitié entre Levinas et blanc
chaud qui était si amis qu'ils avaient
la liberté de ne pas se parler pendant
de longues années
je peux vous le dire des comments entre
on a mis de Jacques qui était
Liotard et on a le jour qui concerne on
avait ils avaient organisé ses
rencontres et donc on est allé des
journées Liotard et moi-même ensemble et
on ne sait pas dit ou non pendant tous
les déjeuners et Lionel Jean-François me
dit à la fin voilà la preuve qui ont
pour la devenir des amis parce que on
était capable sans embarras de rester
ensemble pendant deux journées sans rien
se dire on s'est donné le rendez-vous
par le lendemain il est venu à l'atelier
et pendant je crois toute la vérité on
sait jamais arrêté de parler et voilà ce
que vous dites l'amitié est aussi le
fait d'être à côté de quelqu'un et tous
les messages amical passent par d'autres
choses et je dirais qu'il prend de la
forme de rapport politique j'ai envie de
vous demander dans ces conditions et à
tous les deux et également à vous
Charles Ramon qui est l'auteur notamment
d'un très beau texte sur des ridains un
hommage à Jacques deridan intitulé ce
qui nous revient un texte dans lequel
vous dites qu'est-ce que ça change
d'avoir à parler d'un philosophe mort
plutôt que d'un philosophe vivant et je
me demande si en vertu de ce que Valerio
Adami dit de l'amitié ce que des rides à
lui-même disait de l'amitié de la part
de silence qu'elle comporte ou d'absence
qu'elle suppose ou qu'elle permet
je me demande dans dans quelle mesure on
ne peut pas devenir l'ami de quelqu'un
qu'on n'a jamais connu au fond et si
finalement l'amitié n'était pas le
dialogue a une voix qu'un individu nous
avec avec le souvenir d'un être qu'il
n'a qu'il n'a pas connu si par exemple
vous entendez à la radio c'est une
expérience qu'on peut faire un Radio
France quand on travaille sur des
philosophes qui sont morts on essaie de
leur rendre hommage et puis on écoute on
écoute leur voix à plusieurs reprises
c'est ce qui m'est arrivé avec
jean-kevitch j'ai écouté des heures et
des heures de gens qui lesvitch au point
d'avoir le sentiment que c'était une
conversation qui se nouée une
conversation naturellement à une voix
reste à savoir quelle était la voix qui
qui parlait le qui parlait le plus il
n'y avait qu'une voix et pourtant on
était dans la conversation bref comment
penser ou concilier l'amitié avec la
mort est-ce que la mort est un obstacle
à l'amitié
vous attendiez pas à des questions
faciles quand même une émission sur des
Rida oui j'ai d'abord je viens d'abord à
dire que j'ai beaucoup apprécié ce que
je viens de dire Valérie Adami puisque
souvent on entend des dans des
commentaires ou parfois des très jeunes
gens qui disent ça quand ils vont au
restaurant ils disent j'ai vu un couple
qui était ensemble à table ils ne se
sont pas dit un mot de la soirée c'est
l'horreur c'est la vieillesse et non
justement le fait d'arriver à passer un
repas ensemble sans se dire un mot c'est
plutôt sans ça non seulement l'amitié
peut-être même l'amour donc ce silence
il a il peut avoir cette valeur là et
moi j'aime beaucoup la lui reconnaître
cette espèce de repos avoir avec
quelqu'un alors quand la mort est-elle
un obstacle dans ces conditions
alors oui j'y venais je pense qu'à la
radio vous êtes tout particulièrement
bien placé pour vivre et pour ressentir
ce que j'ai essayé de dire dans ce texte
d'hommage à des Rida et dans lequel j'ai
développé un point auquel je tiens
beaucoup parce qu'on a parlé de l'oeil
tout à l'heure à savoir que des Rina est
d'abord un philosophe de l'oreille
évidemment c'est un éducateur de l'oeil
quand il décrit des tableaux ou quand il
décrit la carte postale de Platon et de
Socrate dans son fameux texte la carte
postale il est décrit magnifiquement et
c'est très bien les faire voir mais
c'était quand même surtout un maître de
musique c'était quand même quelqu'un qui
est ducle l'oreille quand vous lisez
glat vous apprenez à entendre vous
apprenez à à sentir les syllabes
tellement il est fait revenir et bien
donc il avait un rapport absolument
essentiel avec la voix savoir et quelque
chose qu'il a toujours
sur sur quoi il a toujours réfléchi
c'est une partie essentielle de ça
philosophie le rapport entre la voix et
l'écriture donc la thèse que je soutiens
dans dans cet hommage c'est que
contrairement à ce qu'on dit parfois ce
qui a pu dire
lui-même les morts ne sont pas ceux qui
nous parlent plus parce que les morts
comme vous le dites si bien ne cesse de
nous parler et à la radio vous parlez
tout le temps avec des morts vous pouvez
maintenant faire parler énormément de
mort mais le problème c'est pas que les
morts ne parlent plus c'est que les
morts ne répondent plus ils ne font que
parler un mort c'est pas quelqu'un qui
se tait c'est quelqu'un qui ne fait que
parler et en ce sens la mort n'est pas
un obstacle pour entendre la voix
d'autrui mais un mot la mort est un
obstacle pour entendre la réponse
d'autrui
et en cela la mort est quand même un
obstacle en cela l'amour est quand même
triste
dans circonfession quand des Rida
enregistre lui-même le texte de
circonfession des Rida parle notamment
de sa mère il lit un texte qu'il avait
écrit pendant la demi de sa mère
agonique est passé également par la
perte de sa mémoire il disait voilà je
j'écris ce texte à l'instant où mon
propre nom ne signifie plus rien pour ma
mère et il est confronté ainsi à cette à
cet oubli et il conclut ce texte en
disant en citant sa mère un trait
d'esprit dont elle n'est même pas
consciente elle-même sa propre mère
parlant de sa propre mère à elle lui dit
sans savoir que c'est à lui qu'elle
parle et on est vraiment au cœur ici de
Derrida à tous égards dans son cœur et
au cœur de ce qu'il laissait de faire
elle dit ceci elle dit j'ai mal à ma
mère
ce qui est pour pour des Rida
effectivement peut-être la meilleure
illustration enfin ce qui permettrait
d'illustrer ce que ce que vous ce que
vous dites Charles rameau d'amis que
vous inspire cette idée que au fond le
mort est celui qui parle trop
disait que les absents sont souvent
beaucoup plus présentes que les autres
et en effet c'est presque toujours comme
ça enfin les absences sont là par
exemple et puis une autre phrase je me
souviens qui venait de lui c'était bien
la naissance est sorti de la maison et
la mort est rentrée à nouveau dans notre
maison et je claqué tout ça et on
pensait extrêmement complexe c'était
tout ce qui est de le passer la
tradition l'éducation que reçoit la
culture dans laquelle on vient
et j'ai croisément tout ça maintenant
que je sois 76 ans et à 76 ans quelque
chose change vous avez donc deux ans de
plus que des riders
et je crois qu'il y a enfin
je pense et je n'ai parlé avec Jacques
le moment le plus beau de la vie
commence à 70 ans comment ça se fasse en
disant parce que vous savez la vie a
fait de plusieurs saisons mais il y a le
printemps il y a
l'été il y a le temps il y a l'hiver et
bien après 70 ans c'est 4 saisons
devient une seule et on perd de
peut-être aussi l'envie de connaître de
chercher mais et ça c'est ce qui était
arrivé à Jacques
Le on veut continuer
jusqu'au but les projets de notre vie et
le projet de notre travail ok on a dédié
en fait toute la vie comme j'ai un café
je me souviens enfin Jacques était au
travailleur
d'où l'énergie incroyable il s'est
levait vraiment le matin à 6h il avait
une petite pause entre 1h et deux heures
et recommencer l'après-midi à travailler
constamment et ça c'est je crois enfin
qui nous a laissé mais cette pour lui
peut-être
c'était un peu comme je ne sais pas
Clyde qui disait les pensées vient en
parlant et pour lui les mots et des
sages je me souviens qu'on avait fait en
séminaire à la Fondation cette fondation
en italique absolument
c'était donc
entre lui et Edward glissant il est au
conflit mince parce que évidemment
glissa était pour les métissages étaient
pour la canalisation de la langue et
Jacques il ne pouvait pas supporter tout
ça selon l'angle qui était pour lui
comme je peux dire tout c'était les
contenus le
la beauté
la complexité infinie et c'est
instrument avec lequel évidemment
uniquement par cet instrument ils
peuvent être à présenter la vérité
sommes-nous fidèles selon vous Charles
Ramon un Jacques derida quand on mêle à
des considérations philosophiques
difficile c'est toujours difficile les
Rida
difficile et c'est d'ailleurs
paradoxalement il n'y a pas de
simplicité originaire au principe de
cette difficulté c'est en cela qu'il
n'est pas bergsonien justement ce qui
est difficile chez Bergson vient d'une
simplicité dont nous ne sommes pas
capables chez des Rida c'est difficile
d'emblée duplication originaire de
l'origine est-ce qu'on a raison ou
est-ce que est-ce fidèles quand on mêle
des considérations biographiques à des
considérations
d'oxygraphiques finalement sur sur son
travail de philosophe et d'amoureux du
langage c'est une très très intéressante
question
à première vue non parce que des Rida
est tout à fait opposé de ce point de
vue d'un philosophe comme René Girard
qui pensait que la vie était une qui
pense toujours bien sûr mais qui pensait
dans ces premiers textes qu'une vie de
philosophe ou d'artistes était une vie
initiatique en quelque sorte dans
laquelle il y avait un chemin qu'on
parcourait avec des états et que la fin
de la vie lorsqu'elle était réussie
lorsque l'oeuvre derrière était réussie
marquer une espèce de dépassement espèce
d'aboutissement parfois une renonciation
à des choses fausses voire mauvaises
auxquelles on a vécu c'est pour ça que
Gérard est complètement opposé au test
de Proust c'est à dire il est contre le
contre Sainte-Beuve il pense qu'il n'y a
il est absurde de séparer la vie d'un
écrivain ou d'un peintre de sa vie
d'homme parce qu'en réalité selon lui
artistique est une expérience
initiatique religieuse morale
existentielle et sinon elle ne mérite
pas évidemment une heure de peine alors
de ce point de vue là Girard serait tout
à fait des Rida serait tout à fait à
l'opposé des Rida et quelqu'un donc qui
n'a jamais conçu sa vie comme une
démarche avec une progression un
accomplissement des étapes un
renoncement final mais
où tout au contraire c'est il a toujours
défendu ça dès qu'on prononce le premier
mot dès qu'on écrit la première phrase
de la première phrase qu'on écrit à la
dernière qu'on écrit on est toujours en
train de mourir on est toujours en train
de se faire honte à soi-même on est
toujours dans l'inquiétude etc donc
l'idée d'un progrès dans
l'accomplissement est complètement
étrangère à la pensée de Derrida donc de
ce point de vue là ils enfin il est vrai
qu'on se met infidèle lorsqu'on parle de
sa vie comme d'une espèce de trajectoire
parce que pour lui la vie n'était pas
une trajectoire comme nous avons plus
d'une langue nous avons plus d'une vie
j'irai nous avons une vie par phrase
peut-être une vie par mot donc parler de
la vie de derridan a presque aucun sens
dans
lui-même dans laquelle un passage dans
lequel des Rida explique qu'il aimerait
bien que les philosophes parlent tout
simplement de leur vie sexuelle
[Musique]
si vous pourriez avoir un documentaire
sur un philosophe
qu'est-ce que vous désirez voir dedans
leur vie sexuelle
quelle est la vie quelle est la vie
sexuelle de Hegel ou de gars voilà
j'aimerais savoir
pourquoi parce que je crois que c'est ce
dont il ne parle pas
c'est ce dont il ne parle pas alors
j'aimerais qu'il parle de ce dont il ne
parle pas
pourquoi pourquoi
ces philosophes se sont-ils présentés
comme asexué
dans le pourquoi est-ce qu'ils ont ils
ont gommé dans leur œuvre leur vie
personnelle et pourquoi ils n'ont jamais
fait état de leur vie privée quand je
dis sexuelle ça veut dire privé
évidemment la vie privée il y a rien de
plus important dans la vie privée que
l'amour ou que les rapports dans la
sexuelles j'ai pas dit que je veux pas
qu'on fasse un film porno sur
=
je veux qu'il parle de ce qu'a été la
part de
l'amour dans leur vie
vous arrivez avec un micro
c'est des choses aussi mais pas par eux
pas par eux en général moi j'aimerais
qu'il parle voilà les entendre parler et
oui ça ça n'arrivera pas on a toujours
la voix néanmoins de Jacques Derrida qui
nous accompagne et la voix d'Adèle van
red désormais puisqu'il est 10h50 on
retrouve le journal des nouveaux chemins
et vous donc Adèle bonjour bonjour
Raphaël oui bah malheureusement nous
n'allons pas parler de la sexualité des
philosophes mais de spiritualité parce
qu'on va se demander que faire de la
spiritualité lorsque l'on est philosophe
doit-on la condamner à rester à jamais
énigmatique et inaccessible à la raison
ou bien peut-on y voir au contraire une
pratique qui n'est pas si étrangère à
celle de la philosophie elle-même et si
la spiritualité était simplement une
manière d'avoir accès à la vérité
[Musique]
bonjour Catherine salir bonjour la
dernière fois que je vous ai reçu
c'était pour parler d'Emmanuel Levinas
je crois et entre-temps vous êtes
revenus au nouveau chemin pour parler du
procès et lors de la de la semaine que
les nouveaux chemins avaient consacré à
naharint le mois dernier et cette
fois-ci c'est donc de spiritualité de
philosophie dont on va parler
aujourd'hui puisque c'est le sujet de
votre dernier livre qui s'intitule le
désir de conversion et qui est publié au
Seuil dans ce livre vous retracez
l'itinéraire biographique et
intellectuel et disons spirituelle de
cinq personnes qui ont chacune à leur
façon vécu une expérience de conversion
on y trouve friend rosenwang Henri
Bergson Simone Weil Thomas Merton est
est-ilum ce sont donc des hommes et des
femmes des juifs et des chrétiens des
jeunes et des moins jeunes et vous vous
promenez au sein de ces itinéraires
comme pour mieux tenter de saisir ce qui
fait qu'à un moment ces gens ont été
attirés par une voie spirituelle qu'ils
ont chacun une manière de vivre cette
spiritualité soit on y résistance soit
on y cédant parfois les deux tours à
tour c'est intéressant Christophe
Catherine Jallier de voir comment la
philosophe que vous êtes
a choisi de d'incarner ces réflexions au
sein de ces figures là oui parce que la
spiritualité si on en donne une
signification qui n'est pas péjoratif
comme souvent c'est le cas où on la
renvoie du côté de l'imaginaire
opposé au sérieux de la réflexion
rationnelle la spiritualité c'est aussi
le fait que la quête de la vérité
implique un travail sur soi-même et de
cela les philosophes anciens étaient
très conscient Foucault le montre bien
dans c'est le son au Collège de France
alors je sais que la quête de la vérité
à s'est modifié au cours de l'histoire
de la philosophie mais ce qui m'a
intéressé dans ce livre c'est suivre
l'itinéraire de ces cinq personnes qui
étaient portées par une quête de la
vérité
qui en fait devait être vérifié par leur
propre vie pour employer une expression
de Franz rosenweg et cette quête de la
vérité elle passe par
des expériences qui sont toutes situées
et je l'ai choisi bien sûr à des saints
dans le 20e siècle dans les dans les
souffrances du XXe siècle dans les
ténèbres du 20e siècle c'est-à-dire une
spiritualité qui ne peut pas prendre
appui sur des des signes dans l'histoire
qui conduiraient les uns ou les autres à
y voir la présence d'un dieu
manifeste donc l'histoire n'est pas du
tout le lieu d'une quelconque
manifestation qui les guiderait vers tel
ou telle voie alors je ne peux pas ici
bien sûr tracer l'itinéraire de ces cinq
personnes mais par exemple si nous
parlons de
qui est vit au tout début du 20e siècle
et qui un moment donné
n'ayant reçu très peu de choses en
matière d'éducation juive et avait en
lui un sentiment que justement
l'histoire ne pouvait pas le guider vers
la vérité a eu la tentation de se
tourner vers le christianisme qui lui
semblait la seule religion qui qui avait
quelque chose à dire sur la spiritualité
et puis de toute façon un peu étrange il
a décidé que avant de se convertir il
participerait aux offices religieux de
Kippour et de recherche anal les offices
religieux juifs du de principaux de
l'automne et là il a senti que cette
voix vers le christianisme n'était pas
la sienne et que la sienne c'était de
rester juif et puis de poursuivre sa
c'est à dire ce changement ce retour ce
mouvement
en approfondissant
le judaïsme mais je voudrais insister
sur un point c'est pas une conversion
d'ailleurs sauf peut-être Bergson dans
le livre
ces itinéraires ne sont pas des
itinéraires qui sont portés par des
découvertes intellectuelles qui
conduisent ensuite à à changer c'est
plutôt disons le pressentiment d'une
vérité qui est pour soi source de vie
c'est ça qui est intéressant dans le
terme de conversion pardonnez-moi mais
c'est la question de la révélation ou
non on peut se convertir puisqu'on a une
révélation c'est à dire que la vérité
nous est venue de l'extérieur où ça peut
être au contraire le terme d'une quête
qui donc émane de soi il me semble qu'il
y a un double mouvement là dans la
conversion oui il y a un double
mouvement il y a toujours un mouvement
qui vient de soi parce que qu'est-ce qui
pousse Rosenberg à entrer dans une
synagogue je ne sais pas mais ce qui y
rencontre il rencontre dit-il le peuple
assemblé et à ce moment-là il les
rencontre en la force d'une parole la
force d'une prière qu'il n'a jamais
connu jusque là et c'est la rencontre du
peuple est plus importante que la
rencontre d'un certain nombre d'idées
philosophiques et pourquoi le peuple
parce que le peuple il porte à travers
le temps des paroles des réflexions qui
sont
vivantes qui qui viennent jusqu'à lui
c'est-à-dire à la fois
ces paroles lui viennent de très loin et
le touchent dans la proximité avec ce
peuple alors après il y aura bien sûr
tout un chemin intellectuel d'études
c'est pas du tout pour autant le mépris
de l'étude intellectuelle au contraire
mais ce premier mouvement et moi je
crois profondément à ça que le premier
mouvement c'est un pressentiment d'une
vérité qui va permettre en moi de
toucher cette part de vie qui jusqu'ici
pour des raisons diverses et meurtries
n'a pas pu grandir
n'a pas pu se déployer et grâce grâce au
peuple grâce aux mots d'une traduction
grâce à des rencontres elle elle sent
que c'est la Savoie merci beaucoup
Catherine Chalier là on a parlé de
Friends rosenval donc vous parlez
également de Thomas Merton est-il Simone
Weil et Henri Bergson dans votre livre
qui s'appelle le désir de conversion qui
est un essai vraiment très très
pertinent sur la notion de spiritualité
et vraiment très très bien à lire donc
je recommande la lecture en tout cas
merci d'être venu en Paris on reste sans
voix après avoir écouté votre invité
Adèle juste une citation peut-être de
Bergson à qui ont proposé de se
convertir en catholicisme qui dit je
refuse de quitter le camp de ceux qui
seront demain des persécutés c'était
bien vu comme prescience de l'avenir on
finit on finit l'émission à votre
compagnie Adèle oui avec deux livres qui
sont bien différents mais qui en dehors
d'avoir tous les deux et tu je porte
tous les deux sur le travail sur
l'attachement au travail sur la violence
au travail le premier s'appelle
l'engagement dans le travail on le
trouve au pif dans la collection le lien
social et auteur Alexandra bidet et
sociologue et elle s'interroge ici sur
les mécanismes de valorisation du
travail pour se demander ce qu'est un
vrai boulot quelle forme de vie
l'utilisation de la technique et
notamment de la téléphonie au travail
engendre-t-elle et comment penser les
figures émergentes du travail à l'air
numérique ainsi que les nouvelles
manières de parler du travail qui ont
découle même objet autre vert sans le
second livre pointe le revers de cet
univers du travail conjurer la violence
travail violence et santé c'est une
réédition en poche dans la petite
bibliothèque maillot d'un livre publié
en 2007 sous la direction de Christophe
de jour et l'ouvrage prend le temps de
définir les concepts de violence santé
la différence entre l'emploi et le
travail puis réfléchi aux interactions
entre ces trois notions voilà donc les
deux livres donnent chacun des éléments
de réflexion sur le travail aujourd'hui
et la lecture des deux permet
d'entrecroiser à la fois la dimension
positive et gratifiant du travail avec
les risques inhérents à tout travail
d'équipe et donc l'engagement dans le
travail est conjurer la violence voilà
Derrida la sexualité la spiritualité
Charles Ramon présent et absence de la
mi Adami le travail pour le meilleur et
pour le pire c'était le texte du jour
on se retrouve sur Internet vous attend
le téléchargement des émissions de la
semaine et je vais le dire en silence
l'écoute en ligne des émissions
précédentes ainsi qu'une bibliographie
vous trouverez le texte de Jacques
Derrida évidemment sur Valérie Adami la
vérité en pointure dans la vérité en
peinture les travaux communs de Derrida
et Adami les travaux de Charles Ramon
sur derida un excellent outil pour
entrer dans la pensée du philosophe on
se retrouve demain ce qui nous concerne
pour la suite et la fin de cette semaine
sur des Rita en compagnie de Marc crépon
et Benoît Peters 10h59 les poussières
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